Deux médecins condamnés pour injures sexistes contre une militante féministe

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Deux médecins condamnés pour injures sexistes contre une militante féministe
Les deux médecins ont chacun été condamnés à payer 1.000 euros d'amende, dont 500 euros avec sursis.@ DAMIEN MEYER / AFP
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En janvier 2015, la présidente de l'association Osez le féminisme avait dénoncé une fresque dans une salle de l'internat du CHU de Clermont-Ferrand montrant un viol collectif.

Deux médecins ont été condamnés vendredi à des amendes par le tribunal correctionnel de Paris pour "injures à raison du sexe", pour des propos tenus sur Facebook contre l'ancienne porte-parole de l'association Osez le féminisme, Anne-Cécile Mailfert.

En janvier 2015, cette association avait dénoncé une fresque dans une salle de l'internat du CHU de Clermont-Ferrand montrant un viol collectif : elle représentait Wonder Woman subissant les assauts sexuels de quatre autres super-héros. Plusieurs personnes s'en étaient ensuite pris à Anne-Cécile Mailfert sur la page Facebook "Les médecins ne sont pas des pigeons".

Mœurs légères. Sous des photomontages montrant la féministe en tenue légère avec un fouet, un des deux médecins condamnés avait écrit "la cochonne". Pour le tribunal, ces propos "visent bien à rabaisser". Ils ont "à l'évidence une connotation sexuelle, désignant une femme jugée de mœurs trop légères". Son confrère avait lui écrit "grosse pute". Pour le tribunal, il s'agit d'"une attaque personnelle et dégradante", d'un commentaire "méprisant et outrageant ramenant la victime à la condition de femme comme objet sexuel".

Les deux médecins ont chacun été condamnés à payer 1.000 euros d'amende, dont 500 euros avec sursis. Ils devront verser un euro à Anne-Cécile Mailfert et à l'association Collectif contre le viol au titre des dommages et intérêts. Cette condamnation ne sera pas inscrite à leur casier judiciaire.

"Le sexisme, ce n'est pas une blague, c'est un délit." "J'espère que cette condamnation va marquer les esprits", a réagi Anne-Cécile Mailfert. "Le sexisme, ce n'est pas une blague, c'est un délit. Est-ce sexiste de dire qu'une femme est une cochonne ? Oui", a-t-elle ajouté. "C'est une décision très forte symboliquement", s'est félicitée son avocate, Zoé Royaux. "Nous sommes dans une nouvelle ère : des limites sont données, c'est la fin de l'impunité", a-t-elle estimé. Les condamnations pour injures sexistes sont extrêmement rares. En 2013, le rappeur Orelsan avait été condamné à 1.000 euros d'amende avec sursis pour des passages litigieux dans ses chansons : les juges avaient considéré l'expression "les meufs, c'est des putes" comme une injure sexiste. Mais rejugé trois ans plus tard, il avait été relaxé.