Des peines de 29 ans à la perpétuité pour avoir tué un policier de la BAC

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Des peines de 29 ans à la perpétuité pour avoir tué un policier de la BAC
Cinq hommes étaient jugés pour avoir renversé et tué un policier après un cambriolage@ AFP
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Les cinq hommes avaient écrasé, dans leur fuite, un policier de la brigade anti-criminalité lors d'un cambriolage en 2012. 

Cinq hommes ont été condamnés à des peines allant de 29 ans de réclusion à la perpétuité vendredi par les assises de la Savoie, pour avoir écrasé, dans leur fuite, un policier de la brigade anti-criminalité (Bac) lors d'un cambriolage en 2012.

Une bagarre dans le box des accusés. Une bagarre générale s'est déclenchée dans le box vitré de la cour d'assises à l'énoncé du verdict, selon plusieurs témoins, et des proches des accusés se sont évanouis, nécessitant l'intervention des pompiers. Slim Ben Hamed, jugé par défaut car résidant à Ariania dans la banlieue de Tunis, en Tunisie, a été condamné à la réclusion criminelle à perpétuité, conformément aux réquisitions. Rachid Bellakehal a été condamné à 30 ans de réclusion, de même que Nabile Medjadji et Mohammed Hamied. Enfin, Kamel Abbed, qui avait reconnu quelques cambriolages, a lui écopé de 29 ans (contre 30 ans requis). "La cour lui a reconnu une part de sincérité", a estimé son avocat Hervé Banbanaste, qui n'a toutefois pas exclu de faire appel.

"Vol avec violence ayant entraîné la mort". Les cinq hommes, âgés de 31 à 42 ans, étaient jugés pour "vol avec violence ayant entraîné la mort" lors d'un cambriolage dans un magasin Darty à Saint-Alban-Leysse, près de Chambéry en Savoie, dans la nuit du 10 au 11 avril 2012. Âgé de 32 ans et père d'une fillette de sept ans, le brigadier-chef Cédric Pappatico avait été mortellement percuté par la voiture des malfaiteurs. Les accusés étaient également poursuivis pour une série de cambriolages. Tous ont nié leur implication dans la mort du policier.

Ils ont tué sans hésitation, vous les condamnerez sans hésitation
L'avocat général

Des "coïncidences troublantes". Dans son réquisitoire, l'avocat général Bernard Beffy avait égrainé des "coïncidences particulièrement troublantes" : absence d'alibi des accusés, portables éteints le soir des faits pour éviter la géolocalisation, fuites à l'étranger après le drame, présence d'un ADN sur les lieux du crime, témoignages de leurs amies, explications "fantaisistes", "pressions" sur les témoins, etc. "Des coïncidences, il y en a trop : des dizaines et des dizaines. Ces coïncidences n'en sont pas, ce sont des preuves", a lancé Bernard Beffy. "Ils ont tué sans hésitation, vous les condamnerez sans hésitation", avait-il lancé à la cour. Les avocats de la défense ont eux plaidé l'acquittement en pointant notamment la présence d'un ADN masculin inconnu sur la scène de crime. Le procès n'a pas permis de savoir qui conduisait le Porsche Cayenne volé, et faussement immatriculé, qui a tué Cédric Pappatico.