Des "négligences" à l'origine de la mort d'une fillette à l'hôpital

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Des "négligences" à l'origine de la mort d'une fillette à l'hôpital
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La fillette de cinq ans avait été hospitalisée dans un lit d’adulte. Ce défaut d’adaptation serait un des éléments à l’origine du drame.

Après la mort d'une fillette de cinq ans mardi au Centre hospitalier de Mulhouse, les soupçons se portent sur son lit à barreaux. L'enfant était couché dans un lit d'hôpital pour adulte, avec des barreaux de sécurisation, mais trop espacés pour un enfant de son âge. Pour remédier à cette difficulté, le lit avait été garni de deux gros coussins sur les côtés, afin d'éviter que le corps ne se prenne entre les barres. "Malheureusement, cette précaution n'a pas été suffisante pour éviter l'accident", a déclaré vendredi matin le directeur adjoint de l'ARH Jean-François Mathis.

Le parquet a évoqué pour sa part vendredi de possibles "négligences" et un "défaut de surveillance" qui pourraient déboucher sur des mises en examen, notamment de l'hôpital comme personne morale et de membres de l'équipe soignante. Une information judiciaire pour homicide involontaire devrait être rapidement ouverte. Une enquête médico-administrative est également en coursà la demande de la ministre Roselyne Bachelot.

C'est la mère de la fillette qui avait constaté l'accident en lui rendant visitepeu avant 9h45 vendredi 31 juillet. Elle avait aussitôt alerté le personnel hospitalier et l'enfant avait été transférée en service de réanimation."A 9h30, il y a eu un passage de l'infirmière dans la chambre de la petite et c'est à 9h45 qu'on a constaté qu'elle s'était coincée la tête entre le matelas et la barrière du lit", a ajouté le directeur adjoint de l'ARH.

"Elle a glissé, le corps est passé, mais la tête est restée coincée. L’enfant est morte asphyxiée", a précisé le procureur de la République de Mulhouse, Jean-Pierre Allachi, au micro Europe 1 de Matthieu Bock :


Les premiers éléments de l'enquête ne montrent cependant pas une insuffisance numérique du personnel. Reste la question du lit utilisé pour accueillir cette fillette. Selon l'Agence française de sécurité sanitaire, quatre décès comparables à celui-ci avaient motivé dès 2008 le lancement d'études pour rendre ces lits plus sûrs.