Dédoubler les classes de CP à la rentrée : "Ça a été fait trop vite, trop tard"

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Catherine Da Silva, syndicaliste et directrice d’école élémentaire à Saint-Denis a déploré, mercredi sur Europe 1, que le dédoublement des classes de CP dans les zones d'éducation prioritaire ait été fait sans concertation avec les enseignants.

INTERVIEW

"On ne peut être que d'accord sur la baisse des effectifs des élèves par classe, il est dommage qu'on ne le fasse que sur les classes de CP et à moyens constants sans permettre de recruter d'autres enseignants, de prendre le temps de réfléchir à la façon de le faire." Mercredi, sur Europe 1, Catherine Da Silva, représentante du SNUipp-FSU 93, et directrice d’école élémentaire à Saint-Denis, en Seine-Saint-Denis, s'est dit inquiète de la réforme imaginée par le ministre de l'Education, Jean-Michel Blanquer et qui prévoit de dédoubler les classes de CP dans les écoles du réseau d'éducation prioritaire renforcé, les REP +. Dès cette rentrée, elle doit s'appliquer dans 2.200 classes.

La mise à mal du dispositif "plus de maîtres que de classes". Mais pour permettre aux classes de CP de REP + de se dédoubler, le ministre a dû "récupérer" des enseignants ailleurs et notamment dans le dispositif "plus de maîtres que de classes", qui permet depuis 2013 l’intervention de deux instituteurs dans une même classe. "On nous a pris cet enseignant en plus dans les REP et on a aussi piocher dans les effectifs des remplaçants", regrette-t-elle. "Cette réforme a été annoncée au mois de juin, cela s'est fait trop tard, trop vite", ajoute encore la syndicaliste. "Le tout sans même nous concerter".

L'école concernée par la baisse des contrats aidés. Catherine Da Silva regrette encore que le gouvernement ait décidé de réduire le nombre de contrats aidés en 2017 puis en 2018. Ce dispositif aidé financièrement par l'Etat permet l'embauche de personnes éloignées de l'emploi. "Dans notre école, on en a deux en maternelle. Ils permettaient aux enfants porteurs de handicap d'être accompagnés comme les autres. Donc c'est ça que l'on met à mal, la scolarité des enfants porteurs de handicap", souligne la syndicaliste qui assure qu'il est possible de réformer l'école autrement : "Cela doit se faire avec les enseignants, en leur faisant confiance. Ça serait sympa de ne pas nous prendre pour des imbéciles tout le temps".