Décrochage scolaire : en baisse par rapport à 2015

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Le nombre d'élèves sortis du système scolaire sans diplôme ni emploi serait passé de 107.000 en 2015 à 98.000 en 2016, selon les projections. Un succès qui s'explique par le développement de cursus adressés aux perdus de vue de l'école.

REPORTAGE

C'est désormais une proportion inférieure à celle de l'Allemagne ou du Royaume-Uni. Lundi matin, le ministère de l'Education nationale a annoncé que le nombre d'élèves décrocheurs scolaires est en baisse : il est passé de 110.000 en 2014 à 107.000 en 2015 et serait selon les projections de 98.000 en 2016. Dans une interview à La Croix, la ministre de l'Education Najat Vallaud-Belkacem confirme ces chiffres et envisage possible la réduction de moitié du décrochage scolaire au cours du quinquennat. 

Retour sur les bancs de l'école. Cette baisse du décrochage scolaire s'explique en partie par le développement volontariste de structures comme des micros-lycées ou des initiatives menées par des acteurs privés comme la Web Academy, issue du numérique, un secteur en pleine expansion et qui recrute. A Lyon et à Paris, cette structure propose des formations gratuites de deux ans, spécifiquement dédiées aux décrocheurs. "Je suis sûr de trouver un emploi après", lance Nyakaté. A 27 ans, il n'avait jusqu'à présent travaillé que dans l'animation. "Sans emploi, je ne savais pas trop quelle orientation choisir", raconte-t-il. "On m'a proposé cette formation et ça s'est fait en trois semaines".

A la Web Academy, on forme des développeurs web, ceux qui créent des sites Internet. Ici, pas besoin d'être un petit génie des maths, on peut avoir "décroché", à un moment, pour des raisons personnelles, des problèmes familiaux ou de santé, ça n'empêche pas d'être motivé et rigoureux pour apprendre à coder. 

"J'ai juste le brevet". S'adresser aux décrocheurs scolaire se révèle compliqué. Mais la Web Academy est passée par Pôle Emploi. C'est ainsi que Delphine, 25 ans, qui a quitté l'école très tôt mais qui avait toujours été attirée par l'informatique, a enfin pu trouver une formation : "J'ai juste le brevet, pas le bac", confie-t-elle. Elle se réjouit : "Là, j'ai l'opportunité d'avoir une formation de bon niveau".

Ces formations sont financées soit par des mécènes privés comme Microsoft à Paris, soit par le Conseil régional, à Lyon, avec à la clé, un emploi assuré. En cinq ans, ils sont plus d'une centaine à avoir trouvé des postes de niveau bac +5.