Publicités controversées : Saint Laurent sommé de retirer ses affiches

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Publicités controversées : Saint Laurent sommé de retirer ses affiches
Considérées comme "non conformes aux règles déontologiques en terme d'image et de respect" et de "représentation du corps", l'ARPP demande à Saint Laurent de "faire tout (son) possible pour cesser la diffusion" de ces images.@ AFP
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L'Autorité de régulation professionnelle de la publicité (ARPP) a sommé la maison de haute-couture de retirer les affiches de sa dernière campagne de publicité.

L'Autorité de régulation professionnelle de la publicité (ARPP), qui a jugé "dégradantes" lundi les affiches de la dernière campagne publicitaire de Saint Laurent, a sommé mardi la maison de haute-couture de les retirer.

"Retirer" ou "changer" les images. Considérées comme "non conformes aux règles déontologiques en terme d'image et de respect" et de "représentation du corps", l'ARPP demande à Saint Laurent de "faire tout (son) possible pour cesser la diffusion" de ces images qui doivent être "retirées" ou de les "changer". 

Jambes écartées, bas résilles et maigreur. Deux visuels de la nouvelle campagne Saint Laurent, visibles à Paris, font polémique. Sur l'une, une femme apparaît jambes écartées, en talons et collants résilles. Sur l'autre, une jeune femme très amaigrie, sur talons aiguilles et patins à roulettes, est penchée sur un tabouret dans une position jugée explicite. La maison Saint Laurent, contactée, n'était pas joignable mardi.

120 plaintes déposées. L'autorité a reçu via son site "120 plaintes pour de multiples motifs": "images dégradantes", "femmes-objets", "valorisation de l'anorexie" et "même incitation au viol, avec la notion des jambes écartées", a énuméré Stéphane Martin.

À la veille du 8 mars, Journée internationale des droit des femmes, la campagne a été épinglée sur Twitter à travers le mot-clef "YSL Retire Ta Pub Dégradante". En juin 2015, une autre publicité pour Saint Laurent, publiée dans le magazine Elle UK, a été interdite par l'autorité de régulation de la publicité du Royaume-Uni, qui avait jugé que le mannequin qui y apparaissait était "maladivement maigre".



Action coup de poing dans une boutique. Mardi un groupe de féministes issu du collectif "Les effronté-e-s" a réalisé une action coup de poing en s'introduisant dans la boutique Yves Saint Laurent, place Saint-Sulpice, pour dénoncer les deux affiches. "La femme est un être humain, pas un objet : ni table, ni un tabouret, ni aucun élément du mobilier", criait Fatima Benomar, porte-parole du collectif, alors que le service d'ordre l'obligeait à sortir du magasin.

Les effronté-e-s, Stop Harcèlement de rue, Les chiennes de garde ou encore les Femen: de nombreux collectifs féministes étaient signataires du tract distribué lors de l'action, soutenue aussi par le Parti Communiste Français et Europe Écologie-Les Verts.