Ce qu'il faut retenir des hommages aux victimes de l'Hyper Cacher

  • A
  • A
Ce qu'il faut retenir des hommages aux victimes de l'Hyper Cacher
@ JACQUES DEMARTHON / POOL / AFP
Partagez sur :

De nombreuses personnalités, dont Manuel Valls et Nicolas Sarkozy, ont rendu hommage aux victimes de l'Hyper Cacher et à la policière municipale de Montrouge.

De nombreuses personnalités ont rendu hommage samedi aux victimes de l'Hyper Cacher et à la policière municipale de Montrouge, tués par Amédy Coulibaly lors des attentats jihadistes de janvier 2015. Un "rassemblement unitaire d'hommage" aux victimes des attentats de janvier 2015 a commencé dans la soirée, à l'issue du shabbat - le repos juif de fin de semaine -, devant le supermarché casher de la Porte de Vincennes à Paris, à l'appel du Conseil représentatif des institutions juives de France (Crif). Manuel Valls, Nicolas Sarkozy, Anne Hidalgo, la maire PS de Paris, Valérie Pécresse, présidente LR de la Région Île-de-France, Roger Cukierman, le président du Crif ou encore Ariel Goldmann, président du Fonds Social Juif Unité, étaient présents.

"Année horrible pour les juifs et tous les Français". Sur une estrade ont été alignées 19 bougies: 17 pour les morts des attentats de janvier 2015, une pour celles du 13 novembre, et une dernière pour toutes les victimes du terrorisme. Elles ont été allumées une à une par plusieurs responsables, représentant notamment les différents cultes, dont le grand rabbin de France, Haïm Korsia, l'archevêque de Paris, Mgr André Vingt-Trois, et dirigeant du Conseil français du culte musulman (CFCM), Anouar Kbibech. Le président du Conseil représentatif des institutions juives de France (Crif) a qualifié d'"horrible" l'année 2015, "pour les Juifs, pour les journalistes, pour les policiers, et finalement pour tous les Français", samedi soir lors d'un hommage aux victimes des attentats de janvier 2015.

L'hommage de Valls aux juifs de France. "Il y a un an, au lendemain de l'horreur, j'étais ici, portant le deuil des victimes. Comme ce soir, la foule était immense. Je me souviens de l'effroi, de l'angoisse, de la peur. Comment pouvait-il en être autrement ?", a pour sa part déclaré Manuel Valls. "La flamme du judaïsme, et l'âme de la République, côte à côte, fraternelles, comme elles le sont depuis près de deux siècles", a renchéri le Premier ministre. "Comment la France, patrie de l'émancipation des juifs, comment la nation où l'on s'est battu pour la défense du capitaine Dreyfus, comment la France qui avait reconnu sa responsabilité des crimes odieux entre 1940 et 44, comment la France pourrait laisser ses compatriotes juifs rester dans la peur ? Sans les juifs de France, la France ne serait pas la France", a enchaîné le chef du gouvernement, et de poursuivre, porté par les applaudissements: "rien ne peut expliquer qu'on tue à des terrasses de café. Rien ne peut expliquer que l'on tue dans une salle de concert. Rien ne peut expliquer qu'on tue des caricaturistes, des journalistes des politiques, et rien ne pourra expliquer que l'on tue des juifs !"



Des applaudissements et quelques hués. Plusieurs centaines de personnes, agitant parfois des drapeaux tricolores, se sont pressées derrières des barrières de sécurité, applaudissant plusieurs officiels à leur arrivée. Quelques huées se sont aussi faîtes entendre, notamment à l'encontre des personnalités politiques. Des ex-otages de Coulibaly et des proches des victimes étaient présents, sous bonne garde d'un important dispositif de sécurité. Ainsi que Lassana Bathily, l'ex-manutentionnaire de l'épicerie casher, salué comme un "héros" après avoir réussi à s'enfuir puis fourni des informations précieuses à la police pour son intervention. Si la communauté juive s'est habituée à la présence, rassurante et impressionnante, de soldats devant plus de 700 synagogues, écoles juives, centres communautaires, l'inquiétude persiste et les doutes devant l'avenir se lisent notamment dans l'émigration vers Israël: la France a vécu en 2015 une deuxième année consécutive record, avec près de 7.900 départs.



Une plaque pour la policière tuée à Montrouge. Le vendredi 9 janvier 2015, Coulibaly prenait en otages les clients et employés de l'Hyper Cacher, tuait quatre d'entre eux, tous juifs, Philippe Braham, Yohan Cohen, Yoav Hattab, François-Michel Saada, avant d'être tué par la police. Au même moment, les frères Kouachi, tueurs de Charlie Hebdo, étaient tués lors d'un assaut contre l'imprimerie de la région parisienne où ils s'étaient retranchés au troisième jour de leur fuite. Coulibaly avait auparavant fait une première victime la veille de sa prise d'otages, le 8 janvier à Montrouge, en banlieue parisienne, lorsqu'il avait tué une policière municipale, Clarissa Jean-Philippe, 26 ans.

Samedi matin, le président François Hollande a dévoilé une plaque à la mémoire de la jeune femme, "victime du terrorisme", tuée "dans l'accomplissement de son devoir". Des plaques similaires avaient été dévoilées mardi à Paris en hommage aux victimes de Charlie Hebdo, au policier Ahmed Merabet et morts de l'Hyper Cacher. Les attentats de janvier 2015, qui ont fait basculer la France dans une nouvelle ère de menace jihadiste, avaient fait 17 morts.