Une simple amende pour les fumeurs de cannabis ? "Cela fait sentir l'interdit"

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Robin Reda, député LR de l'Essonne, remet mercredi un rapport parlementaire sur la consommation de cannabis. Dedans, il propose notamment de supprimer les peines de prison pour les usagers.

Serpent de mer de la politique intérieure, la dépénalisation cannabis reviendra sur la table, mercredi, avec la publication d'un rapport parlementaire sur la consommation de cette drogue. Alors qu'à 17 ans, près de la moitié des adolescents français a déjà tiré sur un joint, les rapporteurs préconisent de supprimer les peines de prison prévues par la loi, pour ne conserver qu'une amende.

Une amende significative. Pour Robin Reda, l'un des deux auteurs du rapport, c'est un moyen de punir plus rapidement les usagers, les peines de prison étant souvent prononcées plusieurs mois après leur méfait. Une amende serait "la possibilité d'infliger une sanction immédiate", explique-t-il au micro d'Europe 1. Ce qui permettrait "de concentrer l'action des policiers non pas sur les usagers de stupéfiants mais sur les trafiquants, qui sont les véritables criminels dans cette histoire". Quant au montant des amendes, Robin Reda "préconise autour de 150 à 200 euros. C'est significatif et cela fait sentir l'interdit".

Les sommes ainsi récoltées seraient intégralement dédiées à la prévention. Mais cela reste insuffisant pour l'addictologue Jean-Pierre Couteron. "On n'est toujours pas en train de réfléchir à une politique de santé publique qui, elle, irait vers ces millions de personnes qui sont des usagers, parfois mineurs, et qu'il faudrait aider", regrette-t-il. Lui souhaiterait que soit mise en place "une politique avec des données éducatives et réglementaires".

Valls favorable à une amende délictuelle

L'ancien Premier ministre Manuel Valls s'est dit favorable, dimanche, à l'idée d'une amende délictuelle pour sanctionner les consommateurs de cannabis, tout en étant farouchement contre une dépénalisation. "Les élus sont favorables (à une amende forfaitaire délictuelle), les policiers, les gendarmes aussi sur le terrain", a souligné le député de l'Essonne dans l'émission "Questions politiques" de France Inter, France Info et Le Monde. Selon Manuel Valls, la "notion de délit" doit être "maintenue" et ainsi "cela reste répressif et cela permet surtout de désengorger les tribunaux".