Cancer de la prostate : surveiller plutôt qu’opérer

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Cancer de la prostate : surveiller plutôt qu’opérer
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Chez les patients les plus âgés, les médecins préfèrent désormais privilégier la qualité de vie sur l’espérance de vie.

C’est le cancer le plus fréquent chez les hommes en France avec 66.000 cas attendus cette année, selon les projections publiées début octobre par l'Institut de veille sanitaire. Pourtant pour la première fois en 2008, le nombre de patients traités a baissé, de près de 10%. Pour quelle raison ? Car les médecins développent de plus en plus d’autres stratégies que la simple opération face à cette maladie.

Même si un cancer de la prostate est détecté ou suspecté, les praticiens choisissent parfois de ne pas opérer. On parle alors de "surveillance passive". "Les médecins traitants savent que la personne qui a 80 ans a très probablement un cancer de la prostate mais on évite de l’opérer pour ne pas avoir les effets indésirables de l’opération, notamment l’incontinence urinaire et les troubles de l’érection", explique le docteur Alain Weil. "On privilégie la qualité de vie par rapport à l’espérance de vie", résume ce médecin spécialiste en santé publique à la Caisse nationale d'assurance maladie.

Pour les patients plus jeunes, âgés de 50 à 60 ans, l’option de l’opération peut en revanche être prise. Mais elle "n’améliore la situation que d’un très faible nombre de patients et au bout d’une dizaine d’années", prévient le docteur Alain Weil.

D’où les réticences de certains médecins à voir se mettre en place un dépistage systématique de cette pathologie. La Haute Autorité de Santé et l'Institut national du Cancer devraient proposer dès la fin de l’année de nouvelles préconisations pour mieux détecter, de façon plus ciblée, le cancer de la prostate.