Camp de réfugiés à Grande-Synthe : "mettre un minimum d'humanité"

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La mairie de Grande-Synthe veut ouvrir avec Médecins sans frontières un vrai camp de réfugiés en janvier, une première en France. Sur Europe 1, le maire EELV de la ville, Damien Carême, décrit le projet. 

INTERVIEW

Un camp de réfugiés avec des douches et des tentes chauffées. C'est ce que la mairie de Grande-Synthe (Nord) veut ouvrir avec Médecins sans frontières en janvier. Objectif : remplacer le camp actuel, installé dans une zone marécageuse et donc totalement insalubre.  Le nouveau camp, aux normes du Haut Commissariat des Nations unies pour les réfugiés, pourrait accueillir plus de 2.500 migrants, autrement dit une première en France. Interrogé sur Europe 1 jeudi, Damien Carême, le maire EELV de la ville, décrit le projet.

Mettre "un minimum d'humanité". C'est au terme d'une rencontre avec le ministre de l'Intérieur, Bernard Cazeneuve, la semaine dernière, que Damien Carême a trouvé un accord :"On s'est mis d'accord pour trouver très rapidement une solution de déménagement de ce camp vers des lieux qui ne soient pas marécageux comme le terrain sur lequel se trouve le camp aujourd'hui". Un camp qui "respectera les normes de camp de réfugiés, avec un certain nombre de sanitaires et de douches qui sont en nombre insuffisant aujourd'hui compte tenu du nombre de réfugiés présents", précise le maire.

Damien Carême prévient cependant que "l'idée n'a jamais été de faire un camp pérenne". "L'idée était de faire un camp pour passer l'hiver correctement, donc avec des tentes chauffées. Aujourd'hui, les réfugiés qui sont là dorment dans la boue, avec femmes et enfants", souligne-t-il, précisant que l'on dénombre actuellement " pas loin de 200 enfants sur le camp et 120 femmes" dont certaines sont sur le point d'accoucher. "Il faut donc mettre un minimum d'humanité dans les conditions d'accueil". 

Une disparition du camp à terme. A terme, le camp, dont le coût tourne autour de 1,25 million d'euros, "devra se résorber", assure le maire : "A côté de ça, l'Etat va renforcer la promotion du droit d'asile avec les services de l'Office français de l'immigration et l'intégration, pour faire en sorte que de nombreux parmi eux, même si aujourd'hui leur objectif est de rejoindre l’Angleterre, se rangent à l'idée de faire une demande d'asile en France", explique Damien Carême. "Cela mettra des semaines, des mois, ou quelques années, mais à terme l'objectif c'est sa disparition". Car pour l'instant, ce camp est "un camp de la honte" pour lui :"J'ai honte de ce camp là. C'est pas imaginable qu'en France, on ait des gens qui dorment dans la boue et dans l'eau", déplore-t-il, affirmant "bien connaitre la misère en France", pâle comparaison à coté de la situation du camp. 

Damien Carême assure en tout cas avoir "instauré une relation de confiance" avec la population de la ville. Il insiste que les migrants n'ont de leur coté "jamais causé de problèmes".