Burkini : "c'était important de remettre un peu d'ordre dans les esprits"

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Jean-Louis Bianco, président de l'Observatoire de la laïcité, s'est félicité de la suspension de l'arrêté de Villeneuve-Loubet par le Conseil d'Etat, vendredi sur Europe 1.

INTERVIEW

Le Conseil d'Etat a tranché, vendredi. L'arrêté "anti-burkini" pris par la municipalité de Villeneuve-Loubet, interdisant l'accès aux plages à toute personne n'ayant pas une tenue correcte, a été suspendu. Une décision saluée par le président de l'Observatoire de la laïcité : "l'arrêté pris par le maire constituait une atteinte grave et manifestement illégale aux libertés fondamentales que sont la liberté d'aller et venir, la liberté de conscience et la liberté personnelle", a martelé Jean-Louis Bianco, vendredi sur Europe 1. "On ne peut pas être plus clair et c'était important de remettre un peu d'ordre dans les esprits."

Appel au "bon sens". "La laïcité (...), ça n'est pas la neutralisation de l'espace public. C'est la neutralité de l'Etat, ce n'est pas la neutralité des tenues de bain", a poursuivi le président de l'Observatoire de la laïcité. "Ou alors on va retomber dans 'les Gendarmes de Saint-Tropez' avec l'adjudant Cruchot qui va être caché derrière un buisson pour traquer ces ennemis dangereux que sont les femmes avec un foulard".  Appelant au "bon sens", Jean-Louis Bianco a jugé que le débat ne relevait pas de la laïcité mais de l'ordre public. "Or, le Conseil d'Etat a dit qu'aucun élément donné par la commune ne permet de retenir qu'il y ait eu des risques de trouble à l'ordre public."

Une loi serait "contraire à la Constitution". Quant à l'appel de certains politiques à une loi interdisant le port du burkini, Jean-Louis Bianco juge qu'un tel texte serait "très vraisemblablement contraire à la Constitution". "Est ce que vous croyez qu'une loi peut porter atteinte aux libertés fondamentales ?" interroge-t-il. "Si le législateur veut s'asseoir sur la Déclaration des droits de l'homme et du citoyen c'est sa liberté, mais je pense que le Conseil constitutionnel censurerait une telle loi, et plus encore la cour européenne des droits de l'homme."