Bugs, erreurs techniques... : quand la dématérialisation des demandes de permis vire au cauchemar

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Le site mis en place par le ministère de l'Intérieur est rempli de bugs. Les utilisateurs ne savent pas à qui s'adresser. Les professionnels, eux, ne peuvent plus travailler.

L'ENQUÊTE DU 8H

Impossible d'aller à la préfecture pour faire une demande de carte grise ou de permis de conduire. Depuis un mois, tout se passe sur Internet, via le site de l'agence nationale des titres sécurisés. Mais la dématérialisation tourne au cauchemar pour les usagers, particuliers comme professionnels du secteur de l'automobile. Le site de l'agence nationale des titres sécurisés, ants.gouv.fr, se retrouve sous le feu des critiques.

Des bugs en série

Le site peut vite donner envie de jeter son écran par la fenêtre à cause des bugs. Erreur de téléchargement de photo d'identité, problème de format de fichiers, mauvaise adresse mail et temps de chargements très longs, les problèmes sont multiples. "J'appuie sur valider. Sur tous les autres sites que je connais, ça prend deux secondes et là ça moulinait pendant trente secondes. Ça bugue dès ce niveau-là", explique Adrien qui s'est par exemple retrouvé face à un mur quand il a voulu faire refaire son permis de conduire alors qu'il avait bien préparé tous les documents à télécharger. "Je pense qu'un PDF sur deux ne doit par marcher sur leur site. Concrètement, mon permis est valide, c'est juste que je ne l'ai pas physiquement et je ne sais pas comment le récupérer, ni avoir une attestation", regrette-t-il.

Quand le site ne fonctionne pas, le réflexe est d'appeler la hotline, mais elle est payante (0,06 euro la minute) et, surtout, la ligne est tout le temps surchargée. Car la situation est difficile pour les particuliers, mais les professionnels souffrent aussi. On retrouve la même exaspération chez eux. Entre les demandes et les inscriptions au permis de conduire, il y a aurait plusieurs centaines de milliers de dossiers en attente selon les syndicats d'auto-écoles. Du côté des concessionnaires, 68.000 demandes de cartes grise sont bloquées.

Les professionnels également impactés

Mais le plus urgent, ce sont les voitures importées. Depuis une dizaine de jours, il était impossible de les immatriculer à cause d'un bug. Ce sont donc 22.000 demandes qui sont en attente pour des BMW ou des Volvo par exemple. Et même si le système vient d'être réparé mais il faut encore rattraper le retard ce qui représente beaucoup d'argent pour ces concessionnaires. "Aujourd’hui, il y a des dizaines de distributeurs qui sont virtuellement en cessation des paiements et il y a des mesures de chômage technique sont envisagées à très court terme. Le ministère de l'Intérieur n'a pas mesuré la gravité de la situation", déplore l'avocat des concessionnaires Jean-Marc Descoubes. Pour que l'Etat réagisse, il a engagé des démarches auprès du tribunal administratif de Paris.

De son côté, l'Etat reconnait ces dysfonctionnements. Une procédure d'urgence vient même d'être lancée pour les délivrances de carte grise. Deux fois par mois, le site est aussi mis à jour pour corriger les bugs. Le ministère de l'Intérieur souligne surtout que des centaines de milliers de dossiers ont quand même déjà abouti. Une preuve que le système ne serait pas grippé.