Brice Hortefeux : "Il ne faut pas assimiler Nicolas Sarkozy avec l'affaire Bygmalion"

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Sur Europe 1, Brice Hortefeux a réagi au renvoi en correctionnelle de Nicolas Sarkozy dans l'affaire Bygmalion, ordonné mardi.

INTERVIEW

Pendant que l'"affaire Fillon" bat son plein, l'enquête Bygmalion s'achève : le juge d'instruction a ordonné mardi le renvoi en procès de quatorze protagonistes, dont Nicolas Sarkozy, pour ses dépenses excessives lors de la campagne présidentielle de 2012. Son avocat, Me Thierry Herzog, a annoncé qu'il ferait appel, en soulignant qu'un seul des deux juges saisis a signé l'ordonnance. "Cela souligne que c'est beaucoup plus complexe que ce qu'on veut laisser croire", avance Brice Hortefeux, proche de l'ancien président.

Ce qui lui est reproché. "D'abord, il ne faut pas assimiler Nicolas Sarkozy avec l'affaire Bygmalion. Il est totalement en dehors des activités de cette société et la justice l'a d'ailleurs indiqué et confirmé", indique l'ex-ministre sur Europe 1. Concrètement, l'ancien chef de l'État se voit reprocher d'"avoir dépassé le plafond des dépenses électorales", "en engageant, sans tenir compte des deux alertes adressées par les experts comptables de sa campagne les 7 mars et 26 avril 2012, des dépenses électorales pour un montant d'au moins 42,8 millions d'euros", a expliqué une source judiciaire. Un chiffre vertigineux par rapport au plafond légal, alors fixé à 22,5 millions.

Le seul candidat "qui n'a pas coûté un sou au contribuable français". "Il a déjà remboursé de ses deniers ce qui lui était demandé par le Conseil constitutionnel alors qu'il n'y avait pas d'obligation, ce qui témoigne aussi d'une autre réalité : de tous les candidats de 2012, Nicolas Sarkozy est le seul qui n'aura pas coûté un sou au contribuable français", lance encore Brice Hortefeux.

Si son appel est rejeté, ce serait en tout cas la deuxième fois qu'un ancien chef de l'État est renvoyé en procès dans une affaire politico-financière sous la Ve République, après Jacques Chirac (1995-2007), condamné en 2011 dans l'affaire des emplois fictifs de la mairie de Paris.