Blocage des prisons lundi : "On a entre 4.000 et 5.000 agressions de personnels par an, ça va s'arrêter quand ?"

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Trois syndicats appellent au blocage des prisons lundi dans toute la France. Le secrétaire général de l'Ufap-Unsa Justice, Jean-François Forget, dénonce la "déliquescence du dispositif pénitentiaire".

INTERVIEW

Ils sont en colère et comptent bien le montrer. Les syndicats de gardiens de prison sont plus que jamais mobilisés pour bloquer les établissements pénitentiaires à partir de 6 heures, lundi matin. Les trois principales organisations appellent à ce blocage après l'agression avec une arme blanche de trois de leurs collègues par un détenu islamiste. Une agression qui réveille d'autres revendications, comme en témoigne le secrétaire général de l'Ufap-Unsa Justice, Jean-François Forget sur Europe 1.

"Ça va s'arrêter quand ? Quand on aura un mort ?". Le syndicaliste pointe "la déliquescence du dispositif pénitentiaire". "On achète la population pénale, on achète la paix sociale en prison, sauf qu'au bout d'un moment quand vous n'avez plus rien à donner et qu'ils vous ont croqué les deux bras, ils passent à l'acte. On a entre 4.000 et 5.000 agressions de personnels par an, on a une vingtaine de prises d'otage sur personnel, ça va s'arrêter quand ? Quand on aura un mort ?", s'inquiète-t-il, après avoir "claqué la porte" d'une réunion à la Chancellerie samedi matin.

Entendu sur Europe 1
On attend des décisions fortes qui ne viennent pas

"Aucune réponse concrète". "Après une heure d'échanges, force est de constater qu'aucune réponse concrète aux revendications portées par nos organisations syndicales respectives ne nous a été apportée afin de mettre un terme à l'absence de considération et de moyens, notamment en matière de sécurité", avaient dénoncé les syndicats dans un communiqué de presse à la sortie de cette réunion. "On attend des décisions fortes qui ne viennent pas", regrette Jean-François Forget sur Europe 1.

La ministre attendue lundi dans le Pas-de-Calais. La ministre de la Justice Nicole Belloubet doit se rendre mardi dans la prison de Vendin-le-Vieil, dans le Pas-de-Calais, où trois gardiens ont été blessés jeudi à l'arme blanche par l'islamiste allemand Christian Ganczarski, un des instigateurs de l'attentat contre la synagogue de Djerba, en Tunisie, qui avait fait 21 morts en avril 2002. La ministre "ne sera pas accueillie tant que le directeur de Vendin-le-Vieil sera en place", avait déjà averti samedi le secrétaire général de l'Ufap-Unsa Justice, le syndicat majoritaire.