Bien-être animal : dans la Creuse, un abattoir d'un nouveau genre

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Dans la Creuse, une soixantaine d'éleveurs se sont associés afin de lancer, d'ici au printemps 2018, un abattoir qui se soucie du bien-être animal.

Limiter le stress et la souffrance des animaux, même dans les derniers instants de leur vie. Voilà l'objectif d'un abattoir d'un nouveau genre qui devrait voir le jour d'ici au printemps 2018 à Bourganeuf dans la Creuse. Le projet est porté par une soixantaine d'éleveurs locaux, qui se sont associés pour réduire la souffrance animale dans la filière.

Reconstitution de l'environnement animal. Et cela commence dès l'arrivée des animaux dans l'abattoir, où ils sont dirigés dans une pièce circulaire, une sorte de sas. Voilà donc la première particularité du bâtiment : il n'y a pas d'angles droits car les vaches détestent ça. Ensuite, une fois arrivés dans le box d'étourdissement, c'est comme si les animaux entraient dans une salle de cinéma avec des photos de paysage, de leur élevage, des sons, et même des odeurs qui leur sont familières : de l'herbe, du foin, de la terre ou encore des phéromones de vaches.

Autre innovation dans cet abattoir : l'animal ne verra pas le coup fatal arriver. "C'est un bras robotisé placé au-dessus de la cage, donc qui n'est pas dans le champ de vision de l'animal. Il permet de venir poinçonner le cerveau de la bête pour qu'elle soit assommée exactement à l'endroit qui permet d'assommer la bête dans les meilleures conditions. Cela éviterait d'avoir une présence humaine qui apporte du stress", explique l'éleveur Michel Deslandes du Pôle viandes locales de Bourganeuf.

La rentabilité, pas un objectif. Par ailleurs, les animaux ne seront pas tués à la chaîne de façon industrielle. Les éleveurs souhaitent limiter l'utilisation du lieu à sept abattages par semaine, contre environ plusieurs centaines dans un abattoir classique. L'objectif n'est donc pas la rentabilité. Ce que recherchent les éleveurs avant tout, c'est de produire de la viande de qualité, vendue en circuit court et qui ne sera pas plus chère qu'ailleurs, promettent-ils.

Ce type d'initiative reste encore unique car cela est difficile à instaurer. Ces éleveurs ont mis dix ans à mettre leur projet sur pied. Il faut changer les habitudes de la filière et, comme il s'agit de quelque chose de nouveau, le projet a encore besoin de fonds. Les éleveurs ont encore besoin de 100.000 euros. C'est la raison pour laquelle un appel aux dons a été lancé. Pour contribuer, rendez-vous sur le site www.lesviandespaysannes.net.