Biberons au bisphénol : des études "obsolètes"

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Biberons au bisphénol : des études "obsolètes"
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Des scientifiques ont critiqué les expertises des agences sanitaires qui sous-estiment, selon eux, les effets du bisphénol A (BPA) que l’on trouve dans le plastique de certains biberons.

Cela fait plusieurs mois que la question de la dangerosité du bisphénol A divise le monde scientifique. Une audition publique a eu lieu mercredi soir à l'Assemblée sur les risques du BPA, une molécule que l'on trouve notamment dans le plastique des biberons, à l'initiative du groupe "Santé environnementale" présidé par Gérard Bapt, député PS de Haute-Garonne.

Pour André Cicolella, chimiste et porte-parole du "Réseau environnement santé", les normes sont basées sur une "déontologie discutable" et un "référentiel obsolète". Marie-Christine Favrot, directrice de l'évaluation des risques nutritionnels à l'Agence de sécurité sanitaire des aliments a incriminé la faiblesse méthodologique de ces études.

Le Pr Patrick Fénichel, endocrinologue au CHU de Nice et directeur d'une unité de l'Inserm, a fait valoir que des doses faibles pouvaient avoir des effets toxiques du fait de l'exposition tout au long de la vie, de la multiplication des perturbateurs endocriniens dont les effets se conjuguent et de la prise en compte des périodes critiques d'exposition, comme l'état foetal ou de nourrisson.

La ministre de la Santé, Roselyne Bachelot, avait estimé fin mars, d’après les expertises des agences sanitaires, qu’il n’y avait pas lieu d’appliquer le principe de précaution pour cette substance chimique.

Gérard Bapt s'est étonné que Roselyne Bachelot ait été si "péremptoire" sur le BPA. "Elle a été imprudente, alors même qu'il y a des controverses scientifiques", a-t-il souligné, estimant que le principe de précaution qui valait pour le téléphone mobile devait valoir aussi pour les biberons.