"Aucun Etat au monde ne peut traiter exhaustivement" la détection des terroristes

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Le sociologue Gérald Bronner est revenu sur le profil des terroristes et leur mécanisme de pensée dans "Europe 1 social club".

"La classe statistique qui est la plus représentée dans ceux qui passent à l'acte ou qui partent en Syrie, est la classe des 18-25 ans". Gérald Bronner, sociologue et professeur de sociologie à l'université Paris-Diderot, est spécialiste de la pensée extrême. Dans "Europe 1 social club" jeudi, il est revenu sur la distinction entre le radicalisme et l’extrémisme de la pensée, tout en expliquant les limites de la lutte contre le terrorisme.

"Nous sommes tous radicaux". "La radicalité est le fait d'adhérer de plus en plus inconditionnellement à une idée". Par définition, "nous sommes tous radicaux", indique le sociologue, qui apporte une précision. "Moi par exemple, je suis radicalement contre l'esclavage. Seulement ce qui fait notre radicalité commune, 'aux gens ordinaires', c'est ce qui constitue précisément le tamis de l'ordre social. (...) Cette radicalité commune n'est pas dangereuse pour l'ordre social", affirme Gérald Bronner. Les problèmes surviennent lorsque l'idée pour laquelle on se bat menace la tranquillité sociétale. "La pensée extrême, c'est adhérer radicalement à une idée radicale. Lorsque vous mettez ces deux éléments dans le même saladier, cela fait un plat qui est relativement indigeste", décrit le professeur d'Université.

"C'est un phénomène de rareté". Dans son ouvrage La pensée extrême. Comment des hommes ordinaires deviennent des fanatiques, Gérald Bronner précise le profil de ceux qui passent à l'acte, majoritairement "les 18-25 ans", mais insiste également sur leur proportion. "Il y a quelque chose dont il faut vraiment se souvenir : c'est un phénomène de rareté. (...) Heureusement que ceux qui sont tentés par cette idéologie et ceux qui, parmi eux, passent à l'acte, sont extrêmement rares", affirme le sociologue.

Selon lui, cela pose un souci au moment où l'on cherche à détecter de futur terroriste. "Il est évident que les tests de détection de la radicalité qu'on a essayé de mettre au point, même s'ils peuvent être performants, vont laisser beaucoup de 'faux positifs' en raison de cette rareté", confie le sociologue. Pour Gérald Bronner, les services de renseignement croulent sous des signalements et "aucun Etat au monde n'aurait les moyens de traiter exhaustivement ce problème".