Attentats de Paris : reprendre le chemin de l'école

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Attentats de Paris : reprendre le chemin de l'école
Les quelques 12 millions d'élèves observeront une minute de silence, lundi à 12h.
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LES MOTS APRES LES MAUX - La ministre de l'Education nationale Najat Vallaud-Belkacem a annoncé que des cellules psychologiques seront déployées dans les écoles. 

Comment reprendre le chemin de l'école après un tel week-end d'effroi ? Les établissements scolaires ont rouvert lundi matin. En première ligne, les professeurs et instituteurs auront la lourde tâche de parler aux enfants. Les rassurer, leur expliquer l'horreur sans brusquer les quelques esprits hostiles, c'est l'heure du cours d'après. 

Des cellules psychologiques mises en place. Des cellules d'urgence médico-psychologiques (CUMP), composées de médecins scolaire et de psychologues de l'Education nationale seront ouvertes à partir de lundi matin. Najat Vallaud-Belkacem a également précisé que des cellules pourraient être déployées à la demande des chefs d'établissements.

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Rassurer les enfants. Rassurer, expliquer, organiser une minute de silence, l'école se mobilise pour accueillir des élèves parfois choqués ou désorientés par la masse d'informations ou de rumeurs liées aux attentats du début du week-end. Pour tendre la main aux enfants, la ministre de l'Education nationale et ses équipes ont également mis à disposition des ressources pédagogiques sur le site Educsol. Les instituteurs et professeurs peuvent y trouver des fiches pratiques telles que "comment organiser le dialogue avec les élèves le lundi 16 novembre ?",  "construire la réflexion et organiser le débat au collège et au lycée" ou encore "repère pour agir à l'école primaire".

Des profs très mobilisés sur le net. Dès ce week-end, les personnels éducatifs avaient commencé à échanger conseils et idées pour mieux évoquer l'horreur auprès des enfants. Sur Twitter, le hashtag #educattentats a très rapidement vu le jour. Les enseignants s'en servent pour échanger des images, des idées qui serviront de base à ce premier cours si spécial, lundi matin. Comme cet instituteur de Lyon, cité par Le Monde, qui propose d'évoquer le sujet en six points : "observer l’image de Marianne qui pleure", "rapporter les faits", "rassurer", "définir le terrorisme", "étudier une citation de Martin Luther King sur la nécessité d’apprendre à vivre ensemble", "réaliser une œuvre pour dire ce que l’on ressent".

Une minute de silence observée partout...  "Il est important que l'école soit associée à la minute de silence", a affirmé Najat Vallaud-Belkacem, lundi matin sur France Inter. A 12h, quelque 12 millions d'élèves respecteront donc ce moment de recueillement en hommage aux victimes des attentats. Pour la minute de silence, Najat Vallaud-Belkacem "laisse le soin aux équipes pédagogiques d'adapter ce moment de recueillement à l'âge des élèves", a indiqué la ministre de l'Education nationale dans un communiqué.

... mais un peu redoutée. Mais ce moment de recueillement renvoie immédiatement aux dérapages d'élèves après les attentats de Charlie Hebdo – 200 avaient été recensés à l'époque dans les collèges et lycées. Sur le site Educsol, un paragraphe entier est dédié à aider les professeurs qui rencontreraient ce problème. " Des enfants peuvent tenir des propos manifestement hostiles ou inacceptables, légitimant, par exemple, l'agression de certaines personnes victimes des attentats", est-il précisé. "La référence à la réprobation collective, nationale et internationale, à l'autorité de l'Etat pour permettre le "vivre ensemble" doit alors être évoquée, sans entrer en discussion polémique avec les élèves concernés".