Attentat de Nice : un an de prison ferme pour l'ex-porte-parole de l'association de victimes

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Attentat de Nice : un an de prison ferme pour l'ex-porte-parole de l'association de victimes
(Photo d'illustration.) @ Valery HACHE / AFP
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L'homme a été condamné mercredi à un an de prison ferme pour avoir détourné environ 9.000 euros.

L'ancien porte-parole de l'association des victimes de l'attentat du 14 juillet 2016 à Nice, "Promenade des Anges", a été condamné mercredi à un an de prison ferme pour avoir détourné environ 9.000 euros et écroué à l'issue de son procès. Constituée en août moins d'un mois après l'attaque au camion bélier qui a fait 86 morts et plus de 450 blessés sur la Promenade des Anglais, l'association avait été prise en main bénévolement par Vincent Delhomel, un serveur de 50 ans, dépressif et en arrêt maladie depuis l'attentat. 

Le parquet avait requis deux ans d'emprisonnement dont six avec sursis et le tribunal correctionnel de Nice l'a condamné au total à 18 mois de prison, dont six mois avec sursis.

"Recel d'escroquerie". Le prévenu s'était fait excuser à deux reprises pour motif de santé en juillet puis en septembre, ce qui avait provoqué le report du procès. Remplacé depuis fin janvier à la tête de l'association, il était poursuivi pour "abus de confiance" et "recel d'escroquerie" pour avoir versé sur son compte la recette d'une vente caritative de brassards au profit de l'association lors du marathon Nice-Cannes 2016 et présenté des notes de frais indues.

9.600 euros de dédommagement pour préjudice matériel. A l'audience, deux versions se sont affrontées. "Un escroc, un voyou !", a tonné l'avocat de l'association, Me Julien Darras, dans un plaidoyer aux accents de réquisitoire. "C'est quelqu'un de fragile dont le procès était inutile", a contesté Me Zia Oloumi, l'avocat du prévenu qui a indiqué qu'il ferait appel et fustigé une stratégie du "bouc-émissaire" de la part du parquet.

"Je ne voudrais pas qu'on condamne un homme parce qu'on se sent fautif de ce qui s'est passé et faire croire que tout est fait pour défendre les victimes", avait-il plaidé. L'association s'est vue allouer 9.600 euros de dédommagement au titre du préjudice matériel et 5.000 euros au titre du préjudice moral pour atteinte à sa réputation, "un soulagement" selon Me Darras.