ATD Quart Monde appelle à libérer le monde de la misère

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ATD Quart Monde appelle à libérer le monde de la misère
Selon l'Insee, 8,8 millions de personnes vivent sous le seuil de pauvreté, fixé à 1.008 euros par mois.@ PHILIPPE DESMAZES / AFP
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Lilian Thuram et Nicolas Hulot font partie des signataires d'un appel d'ATD Quart Monde appelant à l'action "pour un monde libéré de la misère".

Le mouvement ATD Quart Monde a lancé dimanche un appel à l'action "pour un monde libéré de la misère", signé par des personnalités telles que l'écologiste Nicolas Hulot et l'ancien international de football Lilian Thuram.

La misère "n'est pas une fatalité". "La misère provoque jugements et humiliations, enferme dans le silence, détruit des vies", peut-on lire dans ce texte dévoilé à l'occasion du centenaire de la naissance de Joseph Wresinski, qui créa en 1957 l'association "Aide à toute détresse", devenue ATD Quart Monde.

Mais la misère "n'est pas une fatalité", poursuit l'appel, signé notamment par Jean Vanier, fondateur de L'Arche, qui accueille des personnes handicapées mentales. "Le temps est venu de construire un monde où personne n'est laissé de côté." Quelque 8,8 millions de personnes, soit 14,3% de la population, vivaient sous le seuil de pauvreté de 1.008 euros par mois en 2015 en France, selon l'Insee.

"Tout ne repose pas sur les politiques". Outre Thuram et Hulot, parmi les signataires figurent également le photographe et cinéaste Yann Arthus-Bertrand, l'écrivain Erik Orsenna, le musicien Alan Stivell, ainsi que des parlementaires et maires.

Cet "appel à l'action pour une société autrement" vise à faire comprendre que la bataille contre la pauvreté ne pourra avancer "que s'il y a une mobilisation de l'ensemble de la société", car tout ne repose pas sur les politiques, a estimé la présidente d'ATD Quart Monde, Claire Hédon.

Une série de propositions aux candidats à la présidentielle. ATD Quart Monde ne formule pas de propositions concrètes dans cet appel international. Mais le mouvement est membre du collectif Alerte, qui vient d'adresser une série de propositions aux candidats à la présidentielle. Ce collectif défend notamment un "revenu minimum décent" de 750 euros par mois, qui serait versé sous conditions de ressources à partir de 18 ans.

"Aujourd'hui les minima sociaux ne permettent pas de vivre correctement", a souligné Mme Hédon, évoquant la situation de personnes qui, une fois déduites leurs dépenses fixes, se retrouvent avec "un reste à vivre pour la nourriture de 57 euros par mois, soit moins de deux euros par jour".

Un revenu universel "pas pensé avec les plus pauvres". Elle a estimé que le revenu universel, prôné par divers courants de pensée et notamment par le candidat socialiste Benoît Hamon, n'avait "pas été pensé avec les plus pauvres". "Pour l'instant, la réflexion n'est pas assez aboutie pour en faire un vrai instrument de lutte contre la pauvreté."