Arnaque à la mère porteuse : une père biologique témoigne et saisit la Cour de cassation

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Dans les colonnes du Parisien, le père biologique d'un enfant né par mère porteuse et vendu à un autre couple demande à ce que le garçon, aujourd'hui âgé de cinq ans, soit au courant de son existence.

La justice devra à nouveau trancher sur un dossier peu banal. En 2012, Alexandre Lerch et son compagnon ont été victime d'une arnaque à la mère porteuse. La pratique est illégale en France mais ils avaient trouvé une candidate sur Internet, une femme qui propose au couple de procéder à une insémination artisanale en échange de 15.000 euros.

Mais quelques semaines avant la naissance de l'enfant, elle fait croire que le bébé est mort-né et "vend" ce dernier à un autre couple qui a reconnu l'enfant. "J’étais dévasté", raconte Alexandre, jeudi dans les colonnes du Parisien avant de découvrir grâce à l'hôpital qu'il s'agit d'une arnaque.

"Cette décision m'a détruit". Alexandre porte alors plainte et réclame un test qui confirme sa paternité. En 2017, le tribunal de Dieppe lui accorde des droits sur l'enfant, il est autorisé à apposer son patronyme sur l'acte de naissance de ce dernier et le transfert progressif de l'enfant vers le foyer d'Alexandre est décidé. Mais le couple qui élève le petit garçon depuis sa naissance n'accepte pas cette décision. Il fait appel et gagne sa garde. Ils n'étaient pas au courant de l'escroquerie, assure leur avocate Nathalie Boudjerada : "La gestatrice s'est présentée comme étant enceinte de son mari dont elle allait divorcer et qui ne souhaitait pas avoir un cinquième enfant", explique-t-elle.

La Cour de cassation saisie. "Cet enfant avait vocation à être abandonné à la naissance. Dans la balance, il y a aussi la question de l’intérêt de l'enfant. Est-ce que vous pensez que l’intérêt de l'enfant est l'objectif d'Alexandre Lerch, je ne le pense pas", pointe l'avocate. "Quoi qu’en dise la justice, je serai toujours son père. Oui, un père homo qui est passé par une mère porteuse, mais un père quand même", confie toutefois Alexandre au Parisien. Il a décidé de saisir la Cour de cassation il y a quelques semaines, afin que le garçon "ne grandisse pas dans le mensonge" et soit au courant de son existence.