Alpe d'Huez : un papillon en voie de disparition bloque un projet de construction

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Le papillon en voie de disparition, l'apollon, a conduit le tribunal administratif de Grenoble à annuler la construction de quatre résidences et quatre hôtels à l'Alpe d'Huez.

Il ne mesure que quatre centimètres et pourtant le papillon apollon est capable de bloquer tout un projet immobilier. Afin de préserver son habitat, le tribunal de Grenoble a annulé la construction de nouvelles résidences à l'Alpe d'Huez (Isère).

Un papillon en voie de disparition. Pour les défenseurs de la nature, cette décision est la bonne. "C'est un petit papillon blanc avec des pois rouges. C'est une espèce protégée au niveau national. Il est en voie de disparition donc on ne peut pas toucher à son habitat", explique Thomas Guiblain, responsable montage de l'association de protection de la nature Frapna Isère. "L'un des endroits où étaient prévues des constructions à l'Alpe d'Huez était le dernier endroit où on trouvait le papillon" dans la station.

"Ça empêche le développement". Mais du côté des élus, l'annulation du projet de construction de quatre hôtels et de quatre résidences touristiques (soit 4.500 lits) sur lequel la station travaillait depuis plusieurs années est une difficile à accepter. Le maire de l'Alpe d'Huez, Jean-Yves Noyrey, avait pourtant pris des mesures en faveur de l'insecte. "On a mis en place des 'corridors écologiques', c'est-à-dire des arbres, des arbustes... [pour permettre au papillon de se déplacer]. Donc pour nous c'est assez difficile parce que ça empêche le développement. On avait des projets de parking sous-terrain, de refaire beaucoup de travaux sur les pistes et on est quasiment stoppés."

Un projet pour redynamiser la station. Mais par cette décision, le tribunal a aussi voulu empêcher la construction de "lits froids" en grande quantité, ces logements qui ne sont occupés que quelques semaines par an, une spécialité des stations de ski. Avec ce projet de construction, les élus locaux comptaient pourtant redynamiser la station et tablaient sur une augmentation de 34% de la fréquentation des remontées mécaniques, selon Le Parisien