Alain Bazot : "C'est une aberration de consommer autant d'eau en bouteille"

  • A
  • A
Partagez sur :

Le président de l'UFC Que choisir regrette néanmoins que 4% des Français n'aient pas accès à une eau de qualité suffisante et que l'état des nappes phréatiques oblige à des dépollutions coûteuses.

96% des Français peuvent consommer l'eau du robinet sans crainte mais, revers de la médailles, 4%, soit tout de même 2,8 millions de personnes en France n'ont accès qu'à une eau polluée notamment par des pesticides, des nitrates ou du plomb. C'est le résultat d'une étude de l'UFC-Que Choisir révélée jeudi. Au micro d'Europe 1, Alain Bazot, président de l'UFC Que Choisir retient le bon chiffre global, mais n'en oublie pas pour autant les laissés pour compte.

Trop de défiance. "Il faut quand même dire aux 50% de consommateurs qui sont dans la défiance de consommer l'eau du robinet. Elle est très bonne, c'est une aberration de consommer autant d'eau en bouteille. C'est ultra cher et pas du tout respectueux de l'environnement. Il faut arrêter toutes les sirènes alarmistes sur l'eau", insiste-t-il. Voilà pour le message positif.

Pesticides. Si la quasi totalité des Français peut donc se réjouir, "il reste quand même près de 3 millions de consommateurs qui n'ont encore pas de l'eau satisfaisante. C'est lié aux problèmes agricoles. Il devait y avoir une baisse de 50% de l'utilisation de pesticides. En réalité, de 2012 à 2014, ça a augmenté de 12%." Le problème peut également venir d'installations un peu défectueuses, "c'est le problème du monde rural".

Dépollution coûteuse. Par ailleurs, souligne le spécialiste, "ce n'est parce que l'eau au robinet est très bonne que les nappes sont de bonne qualité. Cela veut dire qu'on dépollue beaucoup, ça coûte très cher et et que l'on dénonce, c'est que ce soit encore aux consommateurs de payer à travers les redevances des agences de bassins. Ce ne sont pas les pollueurs mais les pollués qui payent !", conclut le spécialiste.