Affaire Maëlys : à Pont-de-Beauvoisin, le chagrin et la colère des habitants après les aveux de Nordahl Lelandais

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Le silence enfin brisé de Nordahl Lelandais, qui a avoué mercredi le meurtre de Maëlys, a poussé des habitants de la commune où la fillette avait disparu fin août à se réunir en hommage. 

REPORTAGE

ll a donc fini par avouer. L'affaire de la disparition de la petite Maëlys à Pont-de-Beauvoisin, en Isère, a connu mercredi un dénouement inattendu après presque six mois d'enquête. Le suspect numéro un, Nordahl Lelandais, est passé aux aveux, mais il affirme que le décès de la fillette était involontaire, sans en expliquer les circonstances. Il a conduit les enquêteurs jusqu'au lieu où des restes de Maëlys ont été retrouvés. À l'issue de ces révélations, quelques personnes se sont réunies devant la salle des fêtes de Pont-de-Beauvoisin, sans un mot. Le reporter d'Europe 1 a pu rencontrer ces riverains atterrés par ce sinistre dénouement.

"Pourquoi a-t-il fait ça ?" Devant le bâtiment, des bougies forment le nom de Maëlys et éclairent plusieurs dizaines de peluches déposées en hommage. Steven, un ami de la famille, a attendu la tombée de la nuit pour venir se recueillir. "Je me sens mal, très mal. J'ai la haine qu'il ait attendu six mois pour le dire. Le plus important pour moi, c'était Maëlys. C'est un soulagement de l'avoir retrouvée, mais on ne sait rien d'autre : pourquoi a-t-il fait ça ? Qu'est-ce qu'il lui a fait ?", interroge ce proche.

La colère d'une mère. Des membres de la famille sont également venus se recueillir tard dans la soirée, mais c'est sur Facebook que la mère de Maëlys a choisi de s'exprimer, à travers un message d'amour pour sa fille. Si Nordahl Lelandais n'y est jamais explicitement nommé, elle n'hésite pas à l'interpeller : "Toi l'assassin de ma fille : Maëlys va te hanter nuits et jours dans ta prison jusqu'à ce que tu crèves et que tu ailles en enfer", écrit-elle.

La thèse de l'accident laisse dubitatif. À Pont-de-Beauvoisin le sentiment est tout aussi partagé, entre la colère contre celui qui a avoué et la compassion pour la famille endeuillée. "Six mois, les mensonges qu'ils racontaient… c'est une honte de voir ça !", lâche un habitant. "Ça ne va pas ramener la petite, mais au moins, ils connaîtront la vérité", ajoute un autre. Cette vérité, tout le monde l'attend encore car dans le village, malgré les aveux, personne ne croit à la thèse de l'accident.