A Saint-Martin, la délicate cohabitation avec les militaires

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Pour éviter les pillages sur l'île après le passage de l'ouragan Irma, des militaires patrouillent. Des mesures pas toujours très bien acceptées par les habitants.

REPORTAGE

Deux semaines après le passage d'Irma, Saint-Martin et Saint-Barthélémy sont en vigilance jaune à l'approche de l'ouragan Maria. Sur place, 800 miliaires sont déployés et la cohabitation avec les habitants n'est parfois pas évidente.

"Une catastrophe, pas la guerre". Dans le quartier périphérique de Sandy Ground, l'un des plus pauvres et des plus sensibles de Saint-Martin, la vie semble avoir été figée après l'ouragan. Au son de la musique caribéenne, une poignée d'habitants déblaie les rues principales lorsqu'une patrouille de militaires arrive. "On voit des gars qu'on n'a jamais vus de nos vies débarquer avec des gros fusils. On est dans une catastrophe, mais on n'est pas dans la guerre", commente l'un des habitants.

Encore des pillages. "On vient dans votre quartier. 500 mètres plus loin, il y avait encore des gens hier soir qui se faisaient piller. C'est notre mission : empêcher ce genre d'actions par notre présence", lui répond l'un des militaires sans toutefois le convaincre : "Pour dire la vérité, je ne vois pas bien l'intérêt d'avoir des militaires dans notre quartier quand on a vraiment besoin des gants et de masques pour faire le nettoyage", renchérit-t-il.

"Ma femme a appris à se servir d'un fusil à pompe". Mais la présence de l'armée rassure aussi. "S'ils peuvent rester pour nous donner un peu de sécurité, c'est oui", témoigne une habitante. Car l'insécurité règne d'après ce que décrit un second homme. "Moi, j'habite ici et ça fait trois fois que je tire sur des gens. On est tous armés. Ma femme a appris à se servir de mon fusil à pompe. Il faut faire fuir les gens, il faut faire attention."

L'émotion des soldats. Il y a aussi ceux qui sont impressionnés par les Famas des militaires et qui se voient bien prendre l'uniforme plus tard. "Aider les gens, c'est sympa", commente un jeune homme. Un petit garçon se jette, lui, dans les bras d'un militaire qui, ému, essuie une larme et confie discrètement qu'il ira voir un psychologue à son retour de Saint-Martin.