À la veille de l'Euro, la tension sociale persiste

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À la veille de l'Euro, la tension sociale persiste
Sur le site de gestion de déchets d'Ivry-sur-Seine bloqué par les opposants à la loi Travail.@ GEOFFROY VAN DER HASSELT / AFP
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Alors que vendredi les Bleus donneront le coup d'envoi de l'Euro 2016 face à la Roumanie, la SNCF, les raffineries et le secteur des déchets sont encore touchés par des grèves jeudi.

L'ESSENTIEL

À J-1 du coup d'envoi de l'Euro de football, la tension sociale ne retombe pas, mêlant opposition à la loi Travail et revendications particulières : la grève perdure jeudi à la SNCF, menace toujours à Air France et les poubelles débordent dans certains quartiers de Paris.

Les principales infos à retenir : 

Jeudi, le trafic sera perturbé à la SNCF avec un Transilien/RER/Intercités sur deux, 6 TER sur 10 et 80% des TGV.

Les syndicats de pilotes d'Air France maintiennent leur préavis de grève du 11 au 14 juin.

Le secteur des déchets a aussi entamé une grève, notamment en Île-de-France.

Trafic toujours perturbé à la SNCF. À la SNCF, devenu le principal champ de bataille contre le projet de loi, la grève a été reconduite par les assemblées générales de cheminots en Île-de-France et dans la plupart des régions, pour la neuvième journée consécutive. Depuis le 1er juin, la grève lancée par la CGT-cheminots, SUD-rail et FO (non représentatif), très suivie par les personnels roulants, est reconduite de jour en jour, malgré les appels de l'exécutif et un accord, approuvé par la CFDT et l'Unsa, consacrant le maintien du régime de travail actuel à la SNCF.

En attendant le trafic va rester perturbé avec un train sur deux sur les lignes Transilien, RER et Intercités et 6 TER sur 10. En revanche 80% des TGV devraient rouler.

Raffineries encore en grève. Côté carburants, le mouvement se poursuit dans trois des cinq raffineries françaises du groupe Total, mais toutes les stations-service du réseau sont réapprovisionnées. Au Havre, la grève du personnel des terminaux pétroliers, qui perturbe depuis 16 jours l'approvisionnement des raffineries et des aéroports parisiens, continue aussi.

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La raffinerie Esso de Fos-sur-Mer © BORIS HORVAT - AFP


Air France... comme en 1998. Dans le ciel, pas d'éclaircie en vue : les syndicats de pilotes d'Air France sont "pessimistes" sur l'issue des négociations avec la direction concernant leur menace de grève du 11 au 14 juin. Ce conflit, lié à des revendications internes, n'est pas sans rappeler 1998 : à l'approche de la Coupe du monde de foot, une grève des pilotes avait paralysé la compagnie aérienne pendant dix jours. Un accord y avait mis fin in extremis, le jour même de l'ouverture du Mondial.

Et en plus, les déchets. Enfin, dernier front de la grogne sociale qui risque d'écorner l'image du pays hôte de l'Euro 2016 : le secteur des déchets. À l'appel de la CGT, deux des principaux sites de traitement de la région parisienne étaient encore bloqués mercredi, comme l'incinérateur de Fos-sur-Mer, qui traite les ordures ménagères de Marseille, et deux autres en Ariège. La situation devient critique dans certains arrondissements de Paris. En revanche à Saint-Etienne, où la collecte et le traitement des ordures ont été à l'arrêt pendant plusieurs jours, le travail reprend et la fan zone pourra ouvrir vendredi comme prévu.

Du côté des manifestations. De nouvelles manifestations sont encore programmées à travers le pays, notamment Rennes, Nantes, et Paris, contre la loi travail. Les retraités sont aussi appelés à battre le pavé partout en France, par une dizaine de syndicats, contre la "dégradation" de leur situation. Les opposants ne veulent pourtant pas lâcher. L'intersyndicale (CGT, FO, Solidaires, FSU, Unef, Fidl et UNL) garde en ligne de mire la manifestation nationale à Paris le 14 juin et prévoient aussi des actions le 23, jour du vote au Sénat et le 28, jour de remise des résultats de la votation citoyenne.