A Compiègne, une cité abandonnée aux dealers

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Face à l'impuissance des pouvoirs publics, un bailleur social a décidé d'évacuer ses locataires d'une cité gangrenée par le trafic de drogue. Le maire s'y oppose.

REPORTAGE

La solution est pour le moins radicale. A Compiègne, dans l'Oise, un bailleur social évacue ses locataires de la cité du Clos-des-Roses gangrenée par les dealers. L'Office public d'aménagement et de construction (Opac) de l'Oise capitule donc, excédé par l’impuissance des pouvoirs publics. "Je ne veux pas avoir la mort d'un locataire sur la conscience", indiquait mardi le président de l'office, Arnaud Dumontier, dans les colonnes du Parisien pour justifier sa décision. Les déménagements ont d'ailleurs commencé.

"Compter leur argent, couper leurs doses". Certaines familles ont même déjà quitté les lieux depuis une dizaine de jours. Elles ont été relogées dans d'autres quartiers de la ville. Les déménagements devraient se poursuivre jusqu'à vider les trois cages d'escalier de cette barre d'immeubles. Pour une habitante qui va bientôt partir, c'est un soulagement après bien des déboires. "Ils ont réussi à défoncer la porte blindée et après, ils ont eu accès à la cave. Ils coupaient le courant des escaliers pour l'utiliser et avoir un peu de chaleur. On voyait les trafiquants compter leur argent, couper leurs doses. Ils ont quand même mis le feu à la cave une fois. C'est dur. Être au calme, ça fera du bien", confie-t-elle.

Sentiment d'impunité. Mais abandonner la cité aux dealers donne une image désastreuse de la ville. Le maire, Philippe Marini s'oppose à cette mesure. Il a l'intention de mettre en demeure l'office public d'aménagement de l'Oise. L’édile souhaite même bloquer ces déménagements pour ne pas donner un territoire aux trafiquants.

Sur le terrain, tout le monde dénonce le manque de moyens. La nouvelle procureure entend bien faire la guerre à ces trafics. Mais pour l'heure, c'est un sentiment d'impunité qui domine. Cette semaine, douze dealers ont été arrêtés, aucun n'a été incarcéré.