Taubira veut "des terres pour les descendants d'esclaves"

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Plutôt que de donner de l’argent, la ministre préférerait donner des terres aux descendants d’esclaves.

Contexte. Vendredi, François Hollande a célébré l’abolition de l’esclavage. Et le chef de l’Etat a adressé une fin de non-recevoir aux associations qui réclament une compensation financière.  "Le seul choix possible, le plus digne, le plus grand, c'est la mémoire, la vigilance et la transmission", a déclaré François Hollande, reprenant à son compte l’expression d'"impossible réparation". Utilisée par le poète Aimé Césaire.

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Pas emballée par la compensation financière. À l'origine de la loi de 2001 qui reconnaît l'esclavage comme un crime contre l'humanité, Christiane Taubira abonde dans le sens du président, assurant dans un entretien au Journal du Dimanche qu’elle "n'a jamais souhaité s'inscrire" dans le débat sur les demandes de "compensation financière" de l'esclavage. Et de résumer sa position d’une formule : "C'est ensemble que nous devons porter la réparation."

Des terres plutôt que de l’argent. A défaut de donner, l’Etat pourrait rendre. La ministre de la Justice rappelle en effet qu’"en outre-mer, il y a eu une confiscation des terres ce qui fait que, d'une façon générale, les descendants d'esclaves n'ont guère accès au foncier". Selon elle, plutôt que de verser de l’argent, l’Etat pourrait donc mettre en place une politique foncière à destination des « descendants d'esclaves"."Il faudrait envisager, sans ouvrir de guerre civile, des remembrements fonciers, des politiques foncières. Il y a des choses à mettre en place sans expropriation, en expliquant très clairement quel est le sens d'une action publique qui consisterait à acheter des terres", affirme la Garde des Sceaux.