Nouvelle plainte contre Copwatch

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avec AFP , modifié à

Le ministre de l'Intérieur Claude Guéant, qui avait déjà obtenu gain de cause à l'automne, a une nouvelle fois demandé mardi au tribunal de grande instance de Paris d'interdire l'accès à 14 pages du site internet Copwatch, qui fiche policiers et gendarmes. Oeuvre d'un "collectif de citoyens souhaitant lutter par la transparence et l'information contre les violences policières", le site internet Copwatch-Nord-Ile-de-France publie des photos de policiers et de gendarmes, ainsi parfois que leurs noms et leurs adresses personnelles. Interdit le 14 octobre, il a été réactivé fin janvier.

Alors que le ministre de l'Intérieur ne demandait que le filtrage de certaines pages, en octobre, le TGI de Paris, statuant en référé, avait exigé le blocage complet du site. Les fournisseurs d'accès à l'internet (FAI) avaient en effet plaidé que la mesure sollicitée par le ministre était techniquement impossible à appliquer. Le tribunal avait donc ordonné aux FAI (Free, France Telecom, SFR, Bouygues Telecom, Numéricable et Darty Telecom) "de mettre en oeuvre ou faire mettre en oeuvre, sans délai, toutes mesures propres à empêcher l'accès" à ce site à partir du territoire français.Mais le site a resurgi récemment et Claude Guéant a relancé le combat judiciaire. Si ça continue, "vous allez avoir des agressions physiques contre des policiers", a mis en garde mardi le conseil du syndicat d'officiers Synergie, Me Thibault de Montbrial.

Cette fois, l'avocat de Claude Guéant n'a pas réclamé le filtrage du seul site CopWatch, mais également de 34 "sites miroirs", qui reprennent les données personnelles diffusées par le site litigieux. Les avocats des FAI se sont relayés pour pointer l'inanité de cette mesure. "Si seuls les fournisseurs d'accès peuvent mettre en oeuvre des mesures de blocage, c'est un coup d'épée dans l'eau", a argué l'un d'entre eux. "Ca n'empêchera pas la réitération du dommage car les hébergeurs et les éditeurs courent toujours, a-t-il prévenu. Sans une action sérieuse envers les auteurs, le trouble continuera. Car quand on coupe une tête, il en repousse trois."