La grand-mère est descendue de sa grue

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avec Julien Pearce et AFP , modifié à
Une américaine de 70 ans a escaladé un palan à Privas. Elle réclame le droit de voir sa petit-fille.

L'INFO. April Reiss, une grand-mère américaine de 70 ans est descendu, samedi vers 15 heures, du haut d'une grue de 30 mètres dans laquelle elle se trouvait depuis 6 heures à Privas, en Ardèche. Elle demandait à pouvoir exercer son droit de visite auprès de sa petite-fille, Rose, qu'elle n'a pas vue depuis deux ans. Chose que refuse la mère de la fillette. Elle avait déployé une banderole sur laquelle est inscrit: "Rose, deux ans sans sa grand-mère". Le procureur de Privas a toutefois souhaité apporté une nuance à cette action, en précisant comprendre la mère et évoquant une manipulation. Le père de Rose est en effet mis en examen pour agression sexuelle sur sa fille et actuellement sous contrôle judiciaire.

Décision de justice et plainte. April Reiss est venue spécialement des États-Unis pour voir Rose, la fille de son fils, et dit avoir obtenu du tribunal de Privas le droit de la garder chaque jour du 23 février au 10 mars". Elle affirme avoir déposé une plainte à la gendarmerie contre sa belle-fille sans obtenir de suites.

"C'est un acte désespéré", a-t-elle confié au micro d'Europe 1 du haut de sa grue. "La justice est allée dans mon sens en m'accordant un droit de visite pour que je puisse voir Rose et rien ne suit", a regretté April Reiss, assurant que la mère de Rose refuse lui refuse de voir sa petite-fille. "Elle dit que Rose a peur de moi mais, je peux vous montrer plein de photos, ma petite fille et moi avons une très bonne relation". April Reiss était accompagnée de Nicolas Moreno, ce père qui s'était retranché sur une grue à Nantes pendant quelques heures mi-février pour demander à voir davantage ses enfants.

Dans la matinée, le père de la fillette, Scott Alexander Reiss, se trouvait au pied de la grue où il chantait vêtu d'un tee-shirt rose de sa fille. "Quand est-ce que je te reverrai ma rose d'Ardèche", chantait-il en français, en anglais et en allemand. "Je n'ai pas vu ma fille depuis 900 jours", assurait-il. Il a quitté les lieux à la mi-journée à la demande d'April Reiss.

La mise au point du procureur. De son côté, le procureur de la République de Privas a déclaré "comprendre les craintes" de la mère de la petite Rose. Celle-ci n'a en effet pas laissé sa grand-mère paternelle lui rendre visite. Pour quelle raison ? Le père de Rose est mis en examen pour agression sexuelle sur sa fille et actuellement sous contrôle judiciaire. "On peut comprendre que la mère ait des craintes et ait disparu quand elle a su que sa belle-mère voulait voir la petite fille", a-t-il estimé, précisant qu'il ne savait pas où se trouvait la mère et la fille à l'heure actuelle.

Il a raconté avoir reçu en février le père et la grand-mère alors qu'ils s'étaient présentés sans rendez-vous au tribunal. "Mme Reiss a saisi le juge des affaires familiales de Privas et a obtenu un droit de visite, mais en aucun cas M. Scott Reiss, son fils, ne devait avoir de contact avec l'enfant", a précisé le procureur. La mère de Rose, une Belge résidant en France, avait fait appel de ce jugement, qui devrait être examiné de nouveau en juin par le tribunal. Le procureur de Privas a assuré qu'il ne recevrait pas Mme Reiss pour ne pas "rentrer dans son jeu", de même qu'il ne donnera pas de conférence de presse sur cette affaire.