"30.000 personnes ont obtenu le statut de réfugié" en 2015 en France

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Le directeur de l'Ofpra, Pascal Brice, a annoncé lundi sur Europe 1 que ce chiffre était en augmentation par rapport aux années précédentes.

INTERVIEW

La crise des réfugiés s'est traduite par une hausse des reconnaissances d'asile en France l'année dernière. "En 2015, un peu moins de 30.000 personnes se sont vues reconnaître le statut de réfugié en France sur les 80.000 qui en ont fait la demande", a détaillé Pascal Brice, directeur de l'Office Français de Protection des Réfugiés et des Apatrides (Ofpra), sur Europe 1 lundi. "Ce taux de protection augmente."

"La jungle est en réduction". Pascal Brice, qui a souligné que la mission de l'Ofpra était de "statuer en bienveillance et en rigueur sur le droit d'asile", a pointé une amélioration de la situation à Calais. "La jungle est en réduction", a t-il assuré. "Là où plus de 6.000 personnes étaient présentes il y a encore quelques mois, ils sont aujourd'hui 2.500. C'est donc 4.500 personnes qui ont pu être mises à l'abri", notamment en demandant l'asile. Toutes les semaines en effet, l'Ofpra se rend dans les camps de migrants, à Calais ou Grande-Synthe, près de Dunkerque, pour encourager ceux qui y sont éligibles à déposer une demande en préfecture. Pour les déboutés, les préfets ont la "responsabilité de les faire reconduire à la frontière", a précisé Pascal Brice.

Rigueur absolue. Le directeur de l'Ofpra a également martelé la fermeté de son administration face aux migrants qui "ont commis ou sont susceptibles de commettre des actes contraires à la sûreté de l'Etat, notamment de terrorisme". L'Ofpra a pu en identifier certains, qui restent "des cas très limités". "C'est un point de vigilance permanent. Notre rigueur est absolue", a assuré Pascal Brice.

Mineurs disparus. Alors que l'agence de coordination policière Europol a annoncé dimanche que plus de 10.000 réfugiés mineurs avaient disparu sur les 18 à 24 derniers mois, Pascal Brice a rappelé la nécessité de mieux contrôler les arrivées. "Ce sont des jeunes gens de 15 à 18 ans qui fuient l'Erythrée, le Soudan, l'Afghanistan et arrivent en Europe. Il faut les accueillir dans des conditions de contrôle, notamment aux frontières extérieures [de l'Europe], en Italie et en Grèce." Suivant le parcours classique des migrants, ces mineurs risquent ensuite de tomber dans les filets de "réseaux de trafiquants". "Il y a très certainement des réseaux d'exploitation sexuelle", a reconnu Pascal Brice. Pour le directeur de l'Ofpra, "les gens doivent être mieux enregistrés. Il faut que le dispositif de relocalisation, qui répartit les réfugiés en Europe, fonctionne pleinement". En 2015, les conseils régionaux français ont accueilli 4.000 mineurs isolés.