Un Français va vivre un an sur Mars… ou presque

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Un Français va vivre un an sur Mars… ou presque
La fausse base martienne est installée sur une île hawaïenne, dans un milieu volcanique. @ Sian PROCTOR / University of Hawaii at Manoa / AFP
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Cyprien Verseux, 25 ans, étudiant en astrobiologie, va vivre 365 jours à Hawaï dans un dôme qui reproduit la vie sur Mars.

Il a 25 ans, c'est un jeune Français et il va quasiment vivre sur Mars pendant un an. Cyprien Verseux a en effet été choisi pour participer à une simulation de la vie sur la planète rouge. L'expérience, qui commence vendredi soir, va se dérouler sous un dôme de 11 mètres de diamètre. Dans cette mission, la plus longue de ce type jamais réalisée par la Nasa, il sera accompagné de cinq autres scientifiques. En 2010, l'Agence spatiale russe avait réalisé le même type de simulation avec six volontaires sur une durée de 520 jours.



Une base martienne à Hawaï. Si les conditions de la vie sur Mars seront reproduites à l'identique, les cobayes seront en fait sur l'île de Mauna Loa, la plus grande de l'archipel d'Hawaï, dans une zone volcanique désertique. Un dépaysement qui s'approche des paysages martiens, explique Cyprien au micro d'Europe 1 : "c'est un environnement qui ressemble vraiment aux images de Mars envoyées par Curiosity : des roches marron-rouge à perte de vue".

20 minutes pour envoyer un mail. Le jeune Français et ses compagnons, trois hommes et deux femmes, devront subir les désagréments de la vie martienne. En plus d'une hygiène de vie limitée (une douche par semaine), il faudra se montrer patient avec les technologies de communication. Ainsi, envoyer un mail prendra de trois à 20 minutes, selon les positions simulées de Mars par rapport à la Terre. Les six élus vont ainsi vivre 365 jours dans leurs capsules et mangeront de la nourriture déshydratée. Dans le dôme de 140 m2, ces pseudos explorateurs martiens auront aussi des bureaux et un laboratoire à leur disposition.

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Un des clichés de Curiosity pris sur la planète rouge. HO / NASA/JPL-CALTECH/MSSS / AFP


Rester "sains d'esprit". "L'objectif principal est de voir si des scientifiques peuvent continuer à être performants et sains d'esprit dans un espace confiné, isolé", rapporte Cyprien qui se dit "curieux de voir" comment ils vont vivre à l'intérieur du dôme. "Je ne vais jamais être à l'air libre puisque je vais vivre soit dans le dôme, soit à l'extérieur mais avec une combinaison spatiale comme si on était dans une base sur Mars", ajoute-t-il.

Faire pousser des plantes. Mais au-delà de cet objectif général, chaque participant aura une mission particulière à remplir, en fonction de leur profession. Dans l'équipe, on compte ainsi un pilote, une journaliste ayant suivi une formation en médecine, un architecte, un géologue et une physicienne désignée chef d'équipe. Le travail de Cyprien, étudiant en astrobiologie qui a effectué son stage de fin d'étude à la Nasa, consistera à voir s'il serait possible de faire pousser des micro-organismes, des plantes dans le sol martien.

Sur Mars en vrai, c'est pour 2030. En 2014, la Nasa a annoncé qu'en 2018, elle débuterait ses vols afin d'apporter sur Mars du matériel, avant d'y envoyer des humains en 2030. Son outil ? La fusée Space Launch System, un lanceur qui s'apparente à un mastodonte avec ses 133 mètres de haut, son poids de 70 tonnes et sa capacité à transporter 130 tonnes de marchandises. A titre de comparaison, les cargos spatiaux actuels ne transportent "que" 22 tonnes. L'ancien projet de super-lanceur de la Nasa, lancé dans les années 1960, avait été abandonné car jugé trop coûteux.