Cargo russe : "seulement quelques débris" vont retomber

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Cargo russe : "seulement quelques débris" vont retomber
@ JODY AMIET / AFP
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UNIVERS - Le Progress M-27M, qui a échoué à s'amarrer à la Station spatiale internationale, a entamé mercredi sa chute vers la Terre.

C'était une mission basique. Le cargo Progress M-27M a décollé du cosmodrome de Baïkonour à bord d'une fusée Soyouz. Transportant trois tonnes de matériel scientifique et de produits de première nécessité, il devait s'amarrer à la Station spatiale internationale (ISS) afin de la ravitailler. Mais le centre de contrôle russe a perdu le contrôle du cargo qui a entamé mercredi sa descente vers l'atmosphère terrestre. Jeudi matin, il commençait à toucher la haute-atmosphère mais aucun danger pour la Terre selon Alain Cirou, consultant science d'Europe 1 interviewé jeudi, car il va se désintégrer dans l'atmosphère. 

Il va retomber sur Terre. Non habité, Progress M-27M va par conséquent sans doute retomber sur Terre, a déclaré mercredi un responsable du centre du complexe spatial russe. Les ingénieurs vont encore essayer de rétablir un contact mais sans grande conviction. "Il a commencé sa chute", a affirmé ce responsable sous couvert d'anonymat, ajoutant que "des réactions totalement incontrôlables avaient commencé". "Il est impossible de dire quand exactement le cargo retombera sur Terre, cela dépend de beaucoup de facteurs. Mais la chute s'effectuera dans des conditions incontrôlables", a ajouté cette même source. 

"Seulement quelques débris". Alain Cirou, consultant science d'Europe 1, estime que, puisque Progress M-27M commence à "frotter" la haute-atmosphère jeudi, il devrait tomber dans "les cinq à dix jours qui viennent". Mais seulement "quelques débris vont retomber" car le cargo va "brûler dans l'atmosphère". Dire qu'il peut retomber sur quelqu'un, comme l'a avancé le journal The Guardian, "n'est pas du tout crédible", tranche Alain Cirou. Il préfère parler d'une chance sur plusieurs milliards car, rappelle-t-il, la surface de la Terre est composée "de deux tiers d'océans" et sur le restant de terre, il y a beaucoup "de déserts et de forêts". Impossible cependant d'avancer le lieu où les débris vont toucher la Terre même si, selon le site N2YO qui suit l'avancée du cargo, Progress M-27M était jeudi matin au-dessus de l'Afrique.

"Ce qui est surprenant dans cette affaire, c'est que ce cargo est habituel, il a été lancé une dizaine de fois et marche de manière automatique", explique Alain Cirou. Trois à quatre vaisseaux russes de ce type font en effet le voyage chaque année et après leur mission, retombent et brûlent dans l'atmosphère

Mauvaise orbite… Si le lancement de mardi et la séparation d'avec la fusée se sont déroulés sans encombre, les opérateurs russes ont rencontré lors de la mise en orbite des problèmes de transmission de données. Ils ont alors décidé de changer le plan de vol. Et d'après l'agence de presse russe Tass, Progress M-27M n'a même pas réussi à se placer sur la bonne orbite à cause d'une défaillance du lanceur. 

… et pas de propulsion. Le cargo a alors été incapable de recevoir des données, avait du mal à en envoyer tout en étant privé de propulsion. Une vidéo montre d'ailleurs les images du cargo tournant sur lui-même. 

Pas de danger pour l'ISS. La perte de Progress M-27M ne met pas la vie des cosmonautes de l'ISS en danger puisqu'ils disposent encore de plusieurs mois de réserve. Le prochain ravitaillement est prévu pour le 19 juin, par un cargo Dragon de la société américaine Space X, et livrera 2,2 tonnes de matériel.

Un anniversaire remis en cause. Le cargo transportait une réplique du drapeau soviétique qui a été hissé sur Berlin en 1945. Symbolisant la victoire soviétique sur l'Allemagne nazie, il devait être utilisé par les cosmonautes russes de l'ISS pour envoyer leur voeux aux Russes le 9 mai, à l'occasion des célébrations de la victoire alliée lors de la Seconde guerre mondiale.

Un "problème" dans le spatial russe. "Il y a un vrai problème dans le spatial russe", estime Alain Cirou au micro d'Europe 1. "On a noté de nombreuses défaillances de vaisseaux et de lanceurs qui posent des questions importantes sur la qualité et le suivi de fabrication", ajoute-t-il. Cependant, les Russes "sont les seuls capables de délivrer du matériel et des hommes sur l'ISS" tant que les Américains ne se remettent pas dans la course. 

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