Le crash de Schiaparelli sur Mars va "permettre d'améliorer la descente d'une future capsule"

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Pour Alain Cirou, spécialiste Espace pour Europe 1, il ne faut pas voir l'atterrissage raté du petit module sur Mars comme un échec.

La mauvaise nouvelle est tombée vendredi soir : le module Schiaparelli, missionné par l'Agence spatiale européenne pour atterrir sur Mars, et dont on était sans nouvelle depuis deux jours, s'est écrasé sur la planète rouge. Arrivé à une vitesse beaucoup plus rapide que prévu, l'engin s'est brisé et ses réservoirs de carburant ont probablement explosé. 

Deuxième échec. Avec cet échec, le second en 13 ans, l'Agence spatiale européenne n'a toujours pas réussi à poser un module sur Mars. Mais Alain Cirou, spécialiste Espace pour Europe 1, voit tout de même des raisons de ne pas désespérer. "Il n'y avait pas d'expérience scientifique sur cet atterrisseur autre que la tentative de se poser", explique-t-il. De fait, Schiaparelli n'était équipé que d'une batterie, et n'était donc pas destiné à survivre longtemps sur la planète rouge.

Des informations capitales. Cela explique que l'Agence spatiale européenne se dise satisfaite de la mission. "Malgré la déception, nous avons la télémétrie, c'est-à-dire les informations venues en continu de cette descente. On va comprendre ce qui s'est passé", poursuit Alain Cirou. "Les premières analyses montrent qu'il y a eu un problème de parachute, qui s'est ouvert trop tôt." Les rétrofusées se sont aussi activées brièvement mais ont été coupées prématurément. Ces données vont permettre d'améliorer les prochains modules envoyés en reconnaissance sur Mars. "On pourra améliorer la descente d'une future capsule."

La sonde toujours en place. Sans compter que, d'un point de vue financier, la perte n'est pas non plus si grande. "La sonde principale [TGO, de conception européano-russe] est en orbite autour de Mars", rappelle Alain Cirou. "On ne peut pas considérer qu'1,3 milliard d'euros ont été dépensés en vain."