Douleur : une molécule présente dans notre salive pour remplacer la morphine ?

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Douleur : une molécule présente dans notre salive pour remplacer la morphine ?
La sialorphine détectée chez les rats a aussi été trouvée chez l'humain, à l'intérieur de sa salive. Image d'illustration.@ GEORGES GOBET / AFP
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STR-324 serait sans effets secondaires et serait plus puissante que la morphine. Reste à tester cette molécule sur des humains. 

La morphine, ses effets secondaires et ses risques de dépendance seront-ils bientôt des souvenirs dans les salles post-opératoires ? C'est possible si les découvertes récemment faites par des chercheurs de l'institut Gustave Roussy se confirment après des tests sur les humains. Selon leur étude récemment publiée dans la revue Anesthesiology et rapportée par Sciences et Avenir mardi, ils ont détecté dans notre salive une molécule au pouvoir anesthésiant équivalent.

Découverte… chez des rats. C'est en 2003 que cette découverte plonge ces racines. Lors d'une expérience, les scientifiques détectent chez les rats une molécule antidouleur appelée sialorphine. Ils ont ensuite le réflexe de la rechercher dans l'organisme humain. Ils mettent alors la main sur l'opiorphine, présente dans la salive. Cette dernière se révèle être un antidouleur puissant. Testée chez le rat, "1 milligramme d’opiorphine par kilo était aussi efficace que 3 à 6 milligrammes de morphine par kilo", rapporte ainsi Catherine Rougeot, alors en poste à l'Institut Pasteur. 

Tests sur des humains en 2017. Mais pour être sûr d'être sur la piste d'un possible remplaçant à la morphine, les chercheurs ont du démontrer que l'utilisation de cette molécule sous forme d'antidouleur, le STR-324, ne présentait pas de dangers pour l'humain. "L’opiorphine et STR-324 sont sans effet sur la pression artérielle et sur la dépression respiratoire, tout en ayant les même propriétés analgésiques que la morphine", affirme Dr Philippe Sitbon, co-auteur de l'étude. De plus, STR-324 a l'avantage de ne pas développer de dépendance. Reste désormais à confirmer ces conclusions en testant sur des humains ce nouvel anti-douleur. Les premiers essais sont attendus pour fin 2017.