Découverte majeure pour les scientifiques : l'ADN se modifie dans l'espace

  • A
  • A
Partagez sur :

Après presque un an passé dans l'espace, l'astronaute américain Scott Kelly n'a plus exactement le même profil biologique et génétique que son frère jumeau resté sur Terre.

Les voyages dans l'espace sont stressants et ont des effets profonds sur le corps humain. C'est ce que révèle une étude menée sur l'astronaute américain, Scott Kelly, qui a passé l'an dernier 340 jours dans la station spatiale internationale (ISS), et son frère jumeau, resté sur Terre. Leur mission avait pour but d'étudier et de comparer les effets de l'espace et ceux de la vie normale sur le corps humain. Les premiers résultats indiquent que l'ADN est modifié après un voyage dans l'espace.

Le stress du vol spatial. Les chromosomes de Scott Kelly sont devenus plus longs que ceux de son frère jumeau. Selon les experts, cela est sans doute lié au stress ressenti dans l'espace. Le voyage, la vie en micro-pesanteur, la nourriture lyophilisée et l'exposition aux radiations - dans l'espace, il y a beaucoup plus de radiations que sur Terre - sont sources d'angoisse. "Le vol spatial a un effet direct sur la partie la plus importante de l'expression génétique", atteste Michel Viso, du CNES, le centre d'études spatial.

Des radiations très dangereuses. "On est soumis à de nombreuses radiations pendant le vol spatial. Cela peut détruire des parties de l'ADN, créer des mutations qui peuvent évoluer en lésions. Cela peut se traduire par la difficulté dans la reproduction, mais surtout par l'apparition de cellules cancéreuses. Cela fait partie des risques majeurs des voyages très longs et très lointains, notamment vers Mars", indique le chercheur.

Envoyer des hommes sur Mars, c'est précisément l'objectif des prochaines dizaines d'années. Or, le voyage jusqu'à la planète rouge prend plusieurs mois. La NASA réfléchit donc à des méthodes pour permettre de garder les astronautes en bonne santé pendant des vol spatiaux de longue durée. Cette découverte majeure pourrait également permettre aux scientifiques de mieux connaître les maladies terrestres, et éventuellement, de les traiter.