Dans les Alpes, des parcelles prélevées à 2.500 m d'altitude pour tester le réchauffement climatique

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En descendant les parcelles 600 m plus bas, les chercheurs souhaitent mimer un réchauffement climatique de trois degrés et ses conséquences sur la biodiversité.

C'est une première en France. C'est aussi une opération très technique : des dizaines de carrés de terres prélevés 2.500 m d'altitude sont transférés par hélicoptère 600 m plus bas où le climat est plus doux. Objectif : mimer un réchauffement climatique d'environ trois degrés et ses conséquences sur la biodiversité en montagne.

Une première concrétisation. Opération technique et transfert par hélicoptère, mais les chercheurs ont aussi contribué physiquement à l'effort, comme en témoigne Franck Delbart, responsable de la Plateforme Recherches de la station de montagne du Lautaret : "On était 18 sur le terrain à tout décaisser hier, et avant-hier", raconte t-il. Il sourit : "Mais il va falloir encore jouer un peu des muscles pour continuer notre opération".

Ce sont d'énormes sacs de plus de 500 kilos qui sont accrochés à l'hélicoptère. Le premier d'entre eux est réceptionné 600 m plus bas par Sébastien Lavergne, chercheur au CNRS : "C'est la première concrétisation, j'espère qu'il y en aura dix de plus car chaque grand sac comme ça contient quatre bouts de prairie d'1 mètre sur 1 mètre et on a dix fois ça qui doit arriver, on est assez contents", explique t-il.

"D'ici deux ans, on pourra mesurer les premiers impacts". Une fois tous les bouts de prairie déposés, il faut les ré-implanter. C'est sur ces carrés de prairie que les scientifiques vont pouvoir mesurer les conséquences d'un réchauffement de trois degrés, se réjouit Tamara Muckenmuller, une chercheuse allemande : "J'espère que nous verrons les premiers impacts d'ici deux ou trois ans. Mais on mesurera les véritables effets d'ici une dizaine d'années".

Pour préserver le site de l'appétit des moutons et des vaches, il sera entièrement clôturé.