Ces animaux menacés de disparition en France

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Depuis 1970, la population d'animaux sauvages s'est réduite de 60% sur le globe. En France aussi, la biodiversité est en danger : une espèce de mammifère sur trois est aujourd'hui menacée ou quasi menacée.

EN IMAGES

Nul ne peut nier l'hécatombe. Entre 1970 et 2014, la Terre a perdu 60% de ses animaux sauvages, a annoncé mardi le Fonds mondial pour la nature (WWF) dans un rapport plus alarmant à chaque édition. La zone Caraïbe-Amérique du sud affiche sans doute le bilan le plus "effrayant", avec une population réduite de 89% en 44 ans. Mais le déclin de la faune concerne tout le globe, et la France n'échappe évidemment pas au phénomène. Une dizaine d'espèces a déjà disparu de métropole, même si certaines ont été réintroduites quelques années plus tard sur le territoire. La situation reste toutefois extrêmement fragile.

D'après les évaluations du Comité français de l’UICN (Union internationale de la conservation de la nature) et du Muséum national d’Histoire naturelle, sur 125 espèces de mammifères au total, 33% des espèces terrestres et 32% des espèces marines sont aujourd'hui menacées ou quasi menacées.

Le vison d'Europe

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© Wikimedia Commons

C'est l'une des espèces les plus menacées dans l'Hexagone. Sa population étant passée sous la barre des 250 animaux, le vison d'Europe a été classé en situation de "danger critique". Ce discret mustelidé, principalement présent en Charente et en Charente-Maritime, est surtout victime de la disparition de son habitat, à savoir les zones humides et les bordures des cours d’eau, ainsi que de l’invasion du vison d’Amérique, son concurrent exotique. L’animal pâtit également des mesures prises pour lutter contre les espèces nuisibles, comme le raton laveur ou le ragondin.

Un programme de sauvegarde européen a débuté en septembre 2017 pour essayer d'enrayer le déclin de ce petit carnivore.

L'ours, le loup et le lynx

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Une femelle lynx boréal et son petit, dans le massif vosgien. © CHARLES METZ / AFP

Ils font souvent la Une de l'actualité : l'ours et le loup restent menacés sur le territoire français, malgré des effectifs hausse. Ils sont en effet la cible de braconnage, en raison des dégâts qu'ils génèrent sur les troupeaux de mouton, notamment. C'est aussi le cas du lynx boréal, qui est le plus grand des félins européens. Totalement éradiqué du pays au 19ème siècle, il a refait surface dans les Alpes et le Jura au cours des années 1970, avant d'être réintroduit dans les Vosges à partir de 1983. Aujourd'hui, ils sont moins de 150 adultes en France. Outre le braconnage, sa principale cause de mortalité reste le trafic routier et ferroviaire.

Les chauves-souris

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Une pipistrelle. © Wikimedia Commons

D'année en année, la situation des chauves-souris ne cesse de s'aggraver. Parmi les dix-sept mammifères menacés de disparition en France, huit font d'ailleurs partie de cette catégorie. "Jusque-là principalement affectées par l’intensification des pratiques agricoles et par l’exploitation forestière réduisant l’abondance des vieux arbres, les chauves-souris se trouvent désormais confrontées […] aux opérations de rénovation et d’isolation des bâtiments […] et au développement du secteur éolien, victimes de collisions avec les pales", expliquait l'UICN dans un communiqué publié l'an passé.

À cet égard, la situation du rhinolophe de Méhely est assurément la plus critique. L’espoir de retrouver cette espèce en France demeure même faible, bien qu'elle soit encore possible en Languedoc-Roussillon notamment. Les différentes chauves-souris Myotis sont également en fort déclin, tout comme la noctule et la grande noctule, sans doute un peu plus connues. Enfin, la pipistrelle, en tant qu'insectivore, subit de plein fouet l'usage important des pesticides.

Le hamster géant

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© FREDERICK FLORIN / AFP

 Aussi appelé Grand hamster ou Hamster d'Europe, ce rongeur au pelage blanc, noir et roux est repérable dans une dizaine de communes d'Alsace, qui compte moins d'un millier d'individus, quand le seuil de viabilité de la population est estimé à 1.500. Si un programme de réintroduction commence déjà à porter ses fruits, les défenseurs de l'espèce craignent fortement le projet de contournement autoroutier de Strasbourg. Et pour cause : s'il est aujourd'hui au bord de l'extinction, c'est précisément en raison de la destruction de son habitat par l'agriculture intensive et l'urbanisation. 

De nombreux oiseaux, dont certains sont chassables

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Une tourterelle des bois. © Wikimedia Commons

D'après un état des lieux de la situation datant de septembre 2016, un tiers des espèces d'oiseaux nicheurs est désormais menacé, contre un quart en 2008. La situation n'est pas reluisante pour la bécassine des marais, dont la population n'atteint pas les 50 individus. La grue cendrée, la sterne arctique ou le macareux moine sont également en "danger critique", pour ne citer qu'eux.

Le martin-pêcheur, reconnaissable à son corps bleu étincelant et son ventre orangé, classé comme "vulnérable", a quant à lui subi une perte de 50% de ses effectifs depuis 2001. C'est toujours moins que la tourterelle des bois, dont la population a décliné en Île-de-France de 80 à 90% sur la période, contrecoup de l’intensification des pratiques agricoles, l'utilisation accrue de pesticides… Et de la chasse, puisqu'elle fait partie des 64 espèces d'oiseaux chassables, tout comme 20 autres espèces placées sur la liste rouge de l’UICN.

La Déesse précieuse

Derrière ce nom si tendre à l'oreille se cache une petite espèce de libellule très jolie. Pourtant, la Déesse précieuse est en danger, tout comme une dizaine de ses comparses, sur 89 recensées dans le pays. Principales raisons : la destruction des tourbières, leur assèchement par drainage, la pollution et le piétinement trop important des sites. Discrète, la Déesse précieuse a d'ailleurs déjà disparu de Belgique et du Luxembourg. En Allemagne et en France, elle est en grand péril.

La vipère péliade

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© Wikimedia Commons

Du côté des reptiles et des amphibiens, les choses ne s'améliorent pas non plus : neuf espèces de reptiles sur 38 et huit espèces d’amphibiens sur 35 sont aujourd'hui menacées de disparition sur le territoire métropolitain. Avec la vipère d'Orsini, la vipère péliade fait partie des plus vulnérables. Autrefois pourchassé, ce serpent venimeux est notamment victime des pesticides, aussi bien directement qu'indirectement (c'est-à-dire via ses proies, qui s'en voient affectées), de la fragmentation de son habitat naturel ou du réchauffement climatique. L'espèce, présente dans le Nord, dans le Massif central et dans le Jura, a ainsi vu sa population nationale diminuer de plus d'un tiers lors des 30 dernières années.

Le cachalot

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Un cachalot retrouvé mort dérivant au large des Côtes-d'Armor, en 1998. © MARCEL MOCHET / AFP

Moins de 1.000 cachalots vivent actuellement dans les eaux françaises, à proximité du golfe de Gascogne d'une part, de la Côte d'Azur et de la Corse d'autre part. Le plus grand cétacé à dents a longtemps subi les ravages de la chasse commerciale. Depuis son interdiction en 1982, il subit de plein fouet la pollution du milieu marin. Le nombre de cachalots morts en ingérant des déchets plastiques et métalliques ont ainsi conduit l'UICN à le placer sur sa liste rouge en tant qu'espèce "vulnérable".

L'animal n'est sans doute pas le seul dans son genre : plus d'un tiers des espèces de cétacés se trouve toujours dans la catégorie "données insuffisantes".

Cette liste non exhaustive aurait aussi très bien pu comprendre des vers de terre, des abeilles domestiques, des grenouilles, des papillons, des crustacés, des espèces d'éphémères, l'anguille ou l'esturgeon d'Europe, l'ange de mer commun, la tortue d'Hermann, le hérisson, le lapin de Garenne... Il ne faut pas non plus oublier les espèces végétales. Plusieurs variétés de tulipes sont ainsi "en danger critique", tandis que la laitue à feuilles de chêne, parmi 512 autres espèces de France métropolitaine, est également menacée par la transformation des milieux naturels.