Y a-t-il un abus de césariennes en France ?

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Y a-t-il un abus de césariennes en France ?
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SANTÉ - D'après l'étude d'une chercheuse de l'Inserm, 30% des césariennes en France pourraient être évitées. 

Alors que le gouvernement doit rendre cet automne un rapport sur la question des césariennes en France, Bénédicte Coulm, sage-femme et chercheuse à l'Inserm, a suivi depuis 2010 près de 15.000 femmes enceintes dans le cadre de sa thèse d'épidémiologie. Ses conclusions ? Les césariennes ne sont pas toujours pratiquées pour de bonnes raisons et 30% d'entre elles seraient évitables. 

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Une femme enceinte sur cinq concernée. Les césariennes sont en augmentation en France : leur nombre a triplé depuis 1972 et doublé entre 1980 et 2010. Ce n'est donc plus un phénomène rare, un cinquième des naissances sont concernées aujourd'hui. Mais Bénédicte Coulm estime que dans 3 cas sur 10, la césarienne ne se justifie pas.  

Des parturientes plus âgées. Le profil des mères influe sur le mode d'accouchement. En France, les femmes tombent enceintes de plus en plus tard. La moyenne d'âge stagne aujourd'hui autour de l'âge de 30 ans. Les plus de 35 ans, mais aussi celles ayant eu recours à une procréation médicalement assistée et les femmes présentant des signes d'obésité, sont les plus concernées par la césarienne. La probabilité augmente aussi en cas de naissance de jumeaux. 

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Césariennes "de confort" ? Certaines femmes, par peur de l'accouchement ou par souhait de programmer leur accouchement, expriment aussi le souhait d'avoir une césarienne. Mais ce type de demande est difficile à quantifier car les médecins ne les signalent pas auprès de la Sécurité Sociale, pour qui ces motifs ne justifient pas une césarienne.

Une sécurité pour les médecins. Plus de césariennes, c'est aussi une façon pour les médecins de se couvrir. En effet, les poursuites judiciaires étant de plus en plus nombreuses suite à un accouchement difficile, beaucoup, notamment dans les cliniques privées, se couvrent en prescrivant des césariennes. Même si aucun motif médical ne le justifie.

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Des avantages pour les hôpitaux. Enfin, des hôpitaux voient dans les césariennes un moyen d'organiser plus facilement le planning des naissances. Ce qui rend plus aisé la gestion du personnel. De plus, les césariennes rapportent aux hôpitaux de meilleurs remboursements de la part de la Sécurité Sociale que l'accouchement par voie basse. Dans un contexte de pénurie de moyens, les maternités font vite le calcul.

La césarienne, des causes médicales. La Haute Autorité de Santé a édité en 2013 une brochure pour améliorer la pratique de la césarienne. Elle y rappelle que la césarienne répond avant tout à des problèmes médicaux. La césarienne peut être décidée en urgence pour sauver la vie de l'enfant ou de la mère en cas d'hypertension par exemple. La césarienne peut aussi être programmée en avance. C'est le cas lorsque l'enfant se présente par le siège, si son poids estimé est important ou si la mère est diabétique. 

Idée reçue. Enfin, l'augmentation n'est pas dûe au fait qu'une femme ayant eu une césarienne est condamnée à en avoir une pour ces autres grossesses. En effet, une femme peut accoucher par voie basse après une césarienne et dans 7 sur 10, cela se passe avec succès.  

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