VIH : alléger la prise d'antiviraux est possible

  • A
  • A
VIH : alléger la prise d'antiviraux est possible
VIH sida@ AFP
Partagez sur :

AVANCÉE - C'est ce que montre une étude sur 10 ans menée sur une centaine de patients.

Si la trithérapie a quasiment transformé les séropositifs en malades chroniques, la prise d'antiviraux au quotidien et à vie avec les effets secondaires inhérents restait lourde pour eux. Mais une étude menée pendant 10 ans à l'hôpital de Garches et rendue publique mardi démontre qu'alléger la prise de médicaments antiviraux est possible. Explications sur une avancée considérable.

Une phase d'attaque indispensable. Ce qui ressort dans cette expérimentation baptisée ICARRE, c'est qu'après une phase indispensable de traitement d'attaque avec une trithérapie 7 jours sur 7 pendant 6 mois, la plupart des patients séropositifs peuvent prendre leurs médicaments "seulement" 3 ou 4 jours par semaine.

Un traitement de fond pour continuer. Après la phase d'attaque du premier semestre, les médecins ont constaté que prendre le traitement quelques jours par semaine n'entrainait aucune perte d'efficacité : le virus du Sida restait quasi indétectable dans l'organisme.

Une révolution. Pour les patients séropositifs, cette expérience est une révolution. La prise de traitement au quotidien ? "Vous avez des démangeaisons brutales insupportables, des insomnies ou au contraire des somnolences. Vous avez plein de problèmes qui vont venir rendre le quotidien professionnel extrêmement compliqué", a raconté à Europe1 l'ancien coach vocal de la Star Académy, Richard Cross, séropositif depuis 1979. Pour lui, cette possibilité d'alléger son traitement  a changé sa vie : "la différence, c'est que je n'ai plus aucun effets secondaires. Le lundi et le mardi, je prends mes pilules mais pas si je pars en week-end  et je n'ai plus du tout toutes ces contraintes", a-t-il encore expliqué.

Plus économique. Dernier avantage de cet allègement thérapeutique, il permettrait de faire des économies selon les auteurs de l'étude : un milliard d'euros en 3 ans si les 100.000 séropositifs sous trithérapie en France passaient à 4 jours de traitement hebdomadaire au lieu de 7. 


>> LIRE AUSSI - Sida : le rétroviral Truvada circule déjà sous le manteau