Première en France pour une opération in utero

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Première en France pour une opération in utero
@ MAXPPP
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PROUESSE MÉDICALE - L'opération a été réalisée à l'hôpital Trousseau, à Paris. La maman et le bébé vont bien. 

Un foetus opéré in utero. C'est une première en France. Pour réparer une malformation congénitale, une équipe de chirurgiens a procédé à une opération in utero sur un fœtus de 5 mois, ont annoncé mardi des spécialistes du groupe hospitalier public parisien Assistance Publique-Hôpitaux de Paris (AP-HP). L'intervention d'une durée de deux heures a eu lieu sous anesthésie générale en juillet dernier au cinquième mois de grossesse.

Pour une malformation congénitale. "Spina bifida", c'est le nom de la malformation congénitale qui a nécessité cette opération. Cette malformation, cause de paralysie et d'incontinence, consiste en un défaut de fermeture de plusieurs vertèbres de la colonne vertébrale au bas du dos qui laisse la moelle épinière et ses racines nerveuses sans protection.

800 grossesses par an. "Spina bifida" est la plus fréquente des malformations touchant le système nerveux central : elle concerne en moyenne une grossesse sur 1.000 et est détectée dans 90% des cas par échographie. Chaque année en France, quelque 800 grossesses sont concernées.

En quoi consiste l'opération ? "L'intervention consiste à recouvrir la moelle épinière extériorisée en réparant par une suture l'enveloppe qui normalement la recouvre, puis à suturer ensuite la peau du bébé", explique Jean-Marie Jouannic, qui a conduit cette "première" française avec son collègue le Pr Michel Zerah, du service de neurochirurgie pédiatrique de l'hôpital Necker-Enfants Malades.

"Le bébé et sa mère vont bien". "Dans les dix jours suivant l'opération, les anomalies cérébrales dues à la malformation se sont totalement corrigées. C'est énorme d'avoir pu protéger le cerveau de cette petite fille pour permettre ses apprentissages futurs", s'est félicité Jean-Marie Jouannic. La maman a accouché par césarienne au 8e mois le 9 novembre. Depuis, "le bébé et sa mère vont bien". 

Pas de guérison totale. Cette intervention permet de réduire les handicaps possibles de l'enfant, mais ne le guérit pas totalement. L'opération a pour but de protéger le cerveau du foetus et de limiter les séquelles. La petite fille va suivre un programme de rééducation pour augmenter ses chances de marcher un jour.