Substances "potentiellement toxiques" dans les tampons : "On connaît mal ce qui peut se passer"

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L'auteure de l'étude et le docteur Chevallier reviennent sur la présence de produits potentiellement nocifs dans les tampons.

INTERVIEW

Les fabricants de tampons, malgré la révélation lundi par 60 Millions de consommateurs de résidus "potentiellement toxiques" dans les protections féminines, ne sont pas dans l'illégalité. "Ce qui est compliqué avec ce type de produit, c’est qu’il y a une réglementation qui demande aux fabricants d’assurer la sécurité, mais ça ne va pas plus loin", explique mardi dans le Grand direct de la santé Victoire N'Sondé, auteure de l'étude en question. "Ce ne sont pas des produits qui bénéficient d’une réglementation spécifique. Les marques ne sont pas hors-la-loi, mais en même temps elles en communiquent pas, elles n’informent pas le grand public sur la présence de ces résidus." 

Manque de transparence. C'est le manque de transparence des industriels qui indigne la journaliste, qui dit ne pas comprendre pourquoi des quantités - même infimes - de pesticides ont été relevées dans certains tampons féminins. "On demande aux fabricants de nous aider à trouver la réponse et surtout de faire des contrôles, pour que ces résidus soient absents." 

Le docteur Laurent Chevallier, chef de l’Unité de médecine environnementale à la clinique du Parc et auteur du guide Antitoxique aux éditions Fayard se dit "préoccupé" par les substances relevées par 60 Millions de consommateurs dans les tampons. Il pointe lui aussi du doigt l'absence d'informations et d'études sur les effets des produits en question, notamment la dioxine, un pesticide retrouvés dans des tampons et des serviettes. "Il y a une accumulation de substances, c’est ce qu’on appelle l’effet cocktail. Et là, on connaît mal ce qui peut se passer", ajoute-t-il.

Risque de passage dans le sang. Il pointe également le fait que ces produits sont en contact avec les muqueuses des femmes, avec le risques que les substances qu'elles contiennent passent dans le sang. Selon Victoire N'Sondé, il n'y a pas "d'études spécifiques" à ce sujet. Et Laurent Chevallier de conclure : "La composition et le contrôle dépendent des pouvoirs publics. Ce n'est pas quelque chose d’anodin, dans la mesure où 1.000 nouveaux cas de cancer sont découverts tous les jours".