Rachel Lambert : "j'ai besoin qu'il reste notre vérité"

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INTERVIEW E1 - Rachel Lambert a écrit un livre pour essayer de faire avancer le débat sur la fin de vie. 

INTERVIEW

Rachel Lamabert a décidé d'écrire. Ecrire pour mieux dénoncer la situation de son mari, Vincent, tétraplégique en état végétatif et dont le sort déchire la famille. Dans ce livre, Vincent, parce que je l’aime, je veux le laisser partir, Rachel Lambert plaide une nouvelle fois pour qu'on arrête de l'alimenter.

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Pourquoi ce livre ? "On me l'avait déjà proposé une première fois l'an dernier, j'avais refusé, j'estimais que pour écrire une histoire il fallait en connaître la fin", explique Rachel Lambert, lundi matin sur Europe 1. "Malheureusement, les événements ont perduré, j'ai pu lire des contre-vérités ici et là, des choses fausses, vilaines, j'ai besoin qu'il reste quelque part notre vérité, quelque chose de joli dans tout ce qu'on peut lire". 

"Une histoire d'amour". A 38 ans, Vincent Lambert est plongé dans un état végétatif depuis un accident de la route. Si sa famille se déchire pour décider de son sort, sa femme, Rachel a voulu rappeler "qu'avant l'affaire Lambert il y a un homme et une histoire d'amour". 

Livre-Rachel-Lambert

Quel est l'état de santé de Vincent Lambert ? "Son état de santé est stationnaire", précise sa femme, Rachel. "Les dernières expertises du Conseil d'Etat nous avaient montré que son état cognitif s'était dégradé, il est maintenant en état végétatif, cet état est définitif et perdurera". Et de poursuivre : "auparavant, il était dans un état pauci-relationnel. Là, sa conscience est abolie, ce qui n'était pas complètement le cas en état pauci-relationnel. Evidemment, quand on voit un signe, c'est humain, on a envie d'espérer, on est animé par le fol espoir d'un retour à la conscience, on a envie d'interpréter, c'est cet espoir-là qui nous fait tenir debout de si longues années". 

Pas une militante pro-euthanasie. Dans son livre Vincent, parce que je l’aime, je veux le laisser partirRachel Lambert se défend s'être une militante pro-euthanasie."Je ne me porte pas en étendard, comme je ne veux pas que Vincent soit pris en étendard", explique Rachel Lambert sur Europe 1. "Mes convictions, je ne les ai jamais exprimées publiquement : ce ne sont pas elles qui comptent mais ce que Vincent avait exprimé, qui est primordial". 

"Que sa liberté soit entendue". "Chacun a un avis sur la question et aimerait l'imposer à l'autre", poursuit Rachel Lambert. "Mon discours, c'est : ce que Vincent aurait voulu pour lui n'est pas imposable à l’autre. On voudrait juste que  sa propre liberté soit entendue, et elle n'empiéterait en rien sur la liberté des autres".