Pour vaincre la "neurophobie", des étudiants en médecine miment les maladies

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Apprendre en s'amusant porte souvent ses fruits, même dans des domaines aussi pointus que la neurologie. La faculté de médecine Pierre-et-Marie-Curie l'expérimente mercredi.

INTERVIEW

C'est un peu le The Voice de la neurologie. Mercredi, les étudiants en médecine de la faculté Pierre-et-Marie-Curie vont s'affronter lors de la finale d'un concours un peu spécial. "On a repris une partie du scénario de l'émission et on l’a appliqué à l’apprentissage de la neurologie, plus particulièrement à l’apprentissage de la sémiologie neurologique", a expliqué Emmanuel Flamand-Roze, professeur de neurologie à la fac de médecine, sur Europe 1 mercredi matin. Pour mieux reconnaître les signes et symptômes des maladies neurologiques, parfois difficiles à appréhender, le professeur a eu l'idée de les faire mimer.

Mimer les symptômes pour mieux les détecter. "Par exemple, quand on fait une crise d’épilepsie, il y a d’abord des petites secousses, puis les patients perdent conscience, se raidissent et ont des secousses plus importantes avant de reprendre très lentement connaissance", indique le neurologue. Mercredi, les étudiants vont donc devoir mimer ces symptômes devant un public et un jury, formé par les chefs de cliniques de neurologie, qui sont chargés de l’enseignement avec les professeurs de la faculté de médecine. Un sacré défi !

Apprendre en s'amusant. On est bien loin des cours magistraux en amphithéâtres. "On s’est aperçu que les étudiants n’avaient plus trop envie de recevoir des enseignements verticaux. On essaie donc de favoriser les enseignements par simulation, plus interactifs et participatifs, dans lesquels les étudiants s’amusent", soutient Emmanuel Flamand-Roze. Mais s'amuser ne veut pas dire se moquer. "C'est tout à fait sérieux. On apprend mieux en s’amusant. Et passer par les gestes, ça favorise le fait de garder en mémoire ce que l’on apprend", note le professeur.  

Lutter contre la "neurophobie". Cette nouvelle méthode d'enseignement en médecine découle aussi d'un constat inquiétant. Les étudiants en médecine, en France et dans le monde, craignent la neurologie, qu'ils considèrent comme la matière la plus difficile. "En tant que médecins, on peut être décontenancé par les symptômes neurologiques", appuie Emmanuel Flamand-Roze. Cette réticence bien compréhensible pourrait avoir, à moyen terme, des conséquences alarmantes. En France, "d’ici 10-20 ans, une bonne partie des patients atteints de maladies neurologiques seront pris en charge par des médecins généralistes", faute de spécialistes, avertit le professeur. C'est donc aussi pour stopper cette "neurophobie" que l'université Pierre-et-Marie-Curie innove. 

>> Regarder l'interview en intégrale d'Emmanuel Flamand-Roze :


Emmanuel Flamand-Roze : "On demande aux...par Europe1fr