Pilules contraceptives : "accident médical" reconnu pour une plaignante girondine

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Pilules contraceptives : "accident médical" reconnu pour une plaignante girondine
Marion Larat a été victime d'un "accident médical".@ PHILIPPE HUGUEN / AFP
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Une jeune femme handicapée après un AVC lié selon elle à la prise de la pilule de 3e génération n'a cependant pas obtenu l'établissement de la responsabilité du laboratoire Bayer.

Marion Larat, jeune femme lourdement handicapée après un AVC qu'elle impute à la prise d'une pilule de 3e génération, a bien été victime d'un "accident médical", sans toutefois que ne soit établie la responsabilité du laboratoire Bayer qui commercialise le contraceptif, selon un jugement au civil publié mardi.

Handicapée à 65%. En 2011, le lien causal entre la prise de la pilule Méliane et l'accident de la jeune femme avait déjà été reconnu par la commission régionale de conciliation et d'indemnisation des accidents médicaux, mais c'est la première fois que la justice se prononce sur ce lien.

Une chambre civile du tribunal de grande instance de Bordeaux, qui a rendu son jugement le 8 février, a ainsi estimé que l'AVC dont a été victime en 2006 la jeune femme, restée handicapée à 65%, "constitue un accident médical non fautif", à savoir imputable à la prise du médicament, mais sans qu'aucune "faute" du laboratoire pharmaceutique allemand ne soit établie.

Une provision de 550.000 euros versée à la jeune femme. L'accident médical reconnu, le tribunal a condamné l'Office national d'indemnisation des accidents médicaux (Oniam) à verser à la jeune femme une provision de 550.000 euros pour les préjudices subis qui devront être précisément évalués par une nouvelle expertise.

"Si nous pouvons être satisfaits du lien d'imputabilité reconnu pour la première fois par un tribunal, il est cependant décevant de constater l'absence de toute condamnation à l'égard du laboratoire", a réagi dans un communiqué l'avocat de Marion Larat, Me Jean-Christophe Coubris. "Les magistrats ont estimé que la simple indication dans la notice d'utilisation, de la possibilité de la survenue d'un tel accident, suffisait à les exonérer de toute responsabilité", a-t-il déploré.