Pharmaciens : la clause de conscience définitivement abandonnée

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Pharmaciens : la clause de conscience définitivement abandonnée
Le conseil de l'ordre des pharmaciens a retiré son article polémique@ FREDERICK FLORIN / AFP
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Après un tollé largement partagé sur les réseaux sociaux, l'Ordre des Pharmaciens abandonne définitivement une clause de conscience polémique.

L'Ordre des pharmaciens a formellement abandonné mardi l'idée d'introduire une clause de conscience dans son code de déontologie qui avait été perçue comme une volonté de remettre en cause l'accès à la contraception.

Un tollé général. "L'article relatif à l'introduction d'une possible clause de conscience, dont la consultation avait été suspendue pendant l'été 2016, n'a pas été retenu et ne figure donc pas dans le projet", écrit dans un communiqué le Conseil national de l'Ordre des pharmaciens à l'issue d'une réunion de son conseil national. L'ordre a suscité la polémique en interrogeant la profession sur l'éventuelle introduction d'une telle clause dans un nouveau code de déontologie des pharmaciens et, face au tollé, a préféré suspendre la consultation le 21 juillet dernier.

La ministre des Droits des Femmes, Laurence Rossignol, avait affirmé que si cette consultation était "suivie d'effet, elle ouvrirait clairement la possibilité pour des pharmaciens de refuser de délivrer la contraception d'urgence (pilule du lendemain), la pilule, le stérilet ou même le préservatif".

Un article qui ne serait pas lié à la contraception. La présidente du conseil national de l'Ordre, Isabelle Adenot, avait contesté toute volonté de remettre en cause l'accès à la contraception. Elle avait précisé que si le projet envisageait la possibilité pour un pharmacien "de refuser d'effectuer un acte pharmaceutique susceptible d'attenter à la vie humaine", le professionnel devait en "informer le patient et tout mettre en oeuvre pour s'assurer que celui-ci sera(it) pris en charge sans délai par un autre pharmacien". "Si tel n'est pas le cas, le pharmacien est tenu d'accomplir l'acte pharmaceutique", prévoyait l'article.

Le sujet n'est pas "du tout lié à la contraception, mais à la fin de vie", s'était défendue la présidente du Conseil de l'ordre. "Ainsi réécrit et allégé, le projet de Code a été pensé avec la ferme résolution de renforcer le respect des droits et libertés des patients et de s'inscrire dans les pratiques professionnelles actuelles", s'exprime mardi dans le communiqué, Isabelle Adenot.