"On utilise 100% de notre cerveau à tout moment"

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Le neurologue Lionel Naccache, co-auteur de "Parlez vous cerveau", révèle une partie des mystères qui se cachent dans notre crâne.

INTERVIEW

"C'est un mythe classique et inexact". Contrairement à la croyance populaire, nous utilisons bien la totalité de notre cerveau, rappelle lundi matin le neurologue Lionel Naccache, invité d'Europe Matin à l'occasion de la semaine du cerveau.

Notre cerveau se modifie. "On peut modifier la façon dont notre cerveau fonctionne à 100% : on appelle ça la plasticité du cerveau", explique celui qui cumule les fonctions de chef du service de neurophysiologie à la Pitié-Salpêtrière, de chercheur à l’Institut du cerveau et de la moelle épinière (ICM) et de membre du comité scientifique des Etats généraux de la bioéthique. "Notre cerveau est l'organe le plus programmé pour se modifier en permanence en fonction de ce qu'il vit. Il ne cesse de se modifier", révèle-t-il. Et ces modifications opèrent dès la naissance. 

Un bébé distingue tous les sons humains... En effet, les bébés ont cette particularité de pouvoir distinguer tous les phonèmes, les éléments sonores du langage parlé. Ils pourraient donc en théorie parler toutes les langues sans aucun accent. "C'est un phénomène merveilleux, qui a aspect d'universalité de l'humanité", commente Lionel Naccache. "Lorsqu'on fait écouter un son à un bébé, il va s'y habituer. Et dès qu'on change de son, ce la va créer une surprise chez le bébé, qui va se mettre à sucer plus fort un objet, comme une tétine", explique-t-il. "Donc en mesurant le 'taux de succion' d'un bébé, on peut savoir s'il fait la différence entre deux sons", développe le neurologue.

Mais un adulte ne peut plus le faire. Si un bébé est donc capable de distinguer tous les phonèmes humains, "ce n'est plus le cas des adultes", explique Lionel Naccache. "Par exemple, je n'ai pas appris le japonais, et il y a des phonèmes du japonais qui ne sont pas utilisés en Français, donc je suis devenu sourd à ces sons", explique-t-il. Avant de conclure, "Pour apprendre on renforce, mais on perd ce à quoi on n'est pas exposé".