Mort subite du nourrisson : un dépistage

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Mort subite du nourrisson : un dépistage
@ REUTERS
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Selon des études faites à Strasbourg, un examen sanguin pourrait réduire les risques.

Elle est à l’origine de 400 décès par an. La mort subite du nourrisson reste encore très mystérieuse pour les spécialistes. Néanmoins, les dernières recherches montrent une nette avancée sur le sujet.

Selon une étude multidisciplinaire de la Faculté de médecine de l'Université de Strasbourg, la mort subite du nourrisson serait due à l'activité exagérée du nerf vague qui ralentit la fonction cardiaque.

Un nerf en cause

Depuis une dizaine d'années, une équipe associant pédiatres, pharmacologues et biologistes moléculaires a comparé les coeurs de bébés décédés de mort subite et ceux décédés de mort traumatique, par exemple. L'examen des échantillons a permis de découvrir sur les premiers une augmentation importante des récepteurs spécifiques à l'acétylcholine, la substance produite par le nerf vague qui assure la transmission de l'influx nerveux.

"L'originalité et l'intérêt majeur des travaux strasbourgeois résident dans la perspective d'un diagnostic précoce des risques encourus par le nouveau-né, grâce à l'examen d'un simple échantillon sanguin et d'un traitement préventif, puisque les médicaments existent", a indiqué mercredi le professeur Pascal Bousquet, directeur du laboratoire de neurobiologie et pharmacologie cardiovasculaire.

Un bébé sur 2.000

Le nerf vague, qui contrôle le fonctionnement du coeur, agit comme un frein cardiaque. S'il fonctionne exagérément, il peut mener à des ralentissements très importants du rythme cardiaque, voire à des arrêts cardiaques, explique le Pr Bousquet. Ces travaux complètent ceux d'autres équipes, notamment américaines, qui ont montré des anomalies d'autres types de récepteurs, notamment dans le cerveau, "mais sans conséquences pratiques pour le diagnostic ou le traitement", selon le directeur de l'étude.

Le syndrome de la mort subite du nourrisson, qui frappe dans la première année de la vie, est la troisième cause de mortalité infantile dans cette tranche d'âge et frappe un bébé sur 2.000 en moyenne en France. Depuis une quinzaine d'années, lorsqu'on a découvert que le risque pouvait être réduit en faisant dormir les bébés sur le dos et non plus sur le ventre, le taux de décès par mort subite a diminué de plus de 50% mais ce syndrome n'a pas été éliminé.