Mediator : Servier évoque un complot

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Mediator : Servier évoque un complot
Le fondateur des laboratores Servier défend son entreprise.@ MAXPPP
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Le fondateur du laboratoire parle d’une "fabrication" pour "embêter le gouvernement".

Silencieux depuis que l’affaire du Mediator a éclaté, mardi, Jacques Servier présente enfin sa défense. Le fondateur du laboratoire pharmaceutique du même nom, dont le médicament pour le diabète aurait causé la mort de près de 500 personnes en 30 ans, dénonce dans Le Monde daté de dimanche-lundi un complot et nie toute négligence de sa société.

"Sidérés, stupéfaits"

"Nous sommes sidérés, stupéfaits! C'est à se demander si cette affaire est une fabrication", jure Jacques Servier dans le quotidien du soir. Prié de dire quel pourrait être le but de cette manœuvre, il répond: "Je ne sais pas. Il y a peut-être l'idée d'embêter le gouvernement", lâche l’industriel, réputé proche de l’UMP.

Le groupe Servier, fondé en 1948, conteste par ailleurs le chiffre de 500 morts entre 1976 et 2009, date du retrait du Mediator de la vente. "Les études qui ont posé le lien sont très récentes. Jusqu'à 2008, aucun cas de décès par valvulopathie avec le Mediator n'était signalé", assure Jacques Servier. Et si le médicament a été retiré, c’est, dit-il, non pour des raisons commerciales et non à cause des doutes sur son efficacité et ses effets secondaires.

Consultation recommandée

Cela dit, Jacques Servier est tout de même sur la même ligne que Xavier Bertrand, nouveau ministre de la Santé, puisqu’il conseille aux personnes ayant pris du Mediator de consulter leur médecin. Le médicament, destiné à la base à soigner le diabète, était souvent prescrit pour les personnes en surcharge pondérale, pour ses propriétés de coupe-faim.

L'Afssaps estime qu'environ cinq millions de patients ont été traités au Mediator en France de 1976 à 2009, dont 2,9 millions pendant plus de trois mois. A long terme, le médicament est accusé d’entraîner des dysfonctionnements de la valve du cœur, ce qui aurait pour conséquence de fatiguer le muscle cardiaque plus que de raison et, dans les pires des cas, d’entraîner son arrêt.