Médecins : "Un problème de répartition sur le territoire"

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L'économiste Frédéric Bizard estime qu'il y a suffisamment de médecins en France, mais qu'ils sont mal répartis entre les régions.

INTERVIEW

Il n’y a "pas de pénurie" de médecins à l’échelle nationale en France, mais un problème de répartition sur le territoire, selon Frédéric Bizard. L’économiste et spécialiste des questions de santé a fait le point jeudi dans la Matinale d’Europe 1 sur les enjeux à venir du système de santé français, à quelques heures du début de la grande conférence organisée par le ministère de la Santé. Cette réunion, décidée par la ministre Marisol Touraine au moment de la grande mobilisation des professionnels de la santé au mois de mars, devrait réunir 300 d’entre eux. Elle sera boycottée par les cinq principaux syndicats de médecins libéraux, tandis que le syndicat de généralistes MG France enverra un "observateur".

Régionaliser le numerus clausus des étudiants en médecine. Le nombre de médecins dans l’Hexagone est passé de 120.000 en 1980 à 265.000 - dont 200.000 en activité régulière - aujourd’hui, ce qui représente une hausse de 130%. Pour Frédéric Bizard, ce nombre devrait rester stable jusqu’à 2020, alors que la population va un peu augmenter. Ce léger décalage n’est problématique, explique l’économiste : "La situation n’est pas catastrophique, mais l’hémorragie dans certains territoires depuis dix ans est assez largement liée aux politiques publiques". 

Comme l’Ordre des médecins, il juge nécessaire de régionaliser le numerus clausus, c’est-à-dire la limitation du nombre d’étudiants qui réussissent leur première année de médecine, pour mieux coller aux besoins des régions. Ce nombre a été fixé à 3.500 dans les années 1990, pour réduire les dépenses de santé. Il est ensuite revenu à 7.500, mais cette restriction a encore un impact aujourd’hui, puisque la formation d’un médecin dure dix ans.

Une diminution du temps médical. L’auteur de Politique de santé : réussir le changement, paru chez Dunod en 2015, décrit une "bureaucratisation du métier" ces dernières années, qui a pour conséquence une diminution du temps médical. Frédéric Bizard estime que les nouvelles technologies doivent aider à résoudre cette question.